Le nom de Gravelines apparaît souvent, dans l'histoire, accolé à toutes les vicissitudes subies par le pays flamand, qui resta si longtemps le théâtre de guerres meurtrières.
Armes de Gravelines.
Elle passa de la maison des comtes de Flandre aux Anglais, aux Bourguignons, enfin aux Espagnols. Charles-Quint la fortifia. Elle devait, en 1558, voir le désastre infligé par le fameux comte d'Egmont, général du roi d'Espagne Philippe II, au maréchal de Thermes, commandant l'armée française. Ce dernier expiait ainsi les horribles excès qu'il venait de commettre dans la Flandre entière, à Bergues principalement.
Gravelines.
La France devait, longtemps encore, attendre une complète revanche, car ce fut seulement un siècle plus tard que le traité des Pyrénées lui assura la possession de Gravelines.
Aujourd'hui, la petite ville est place de guerre de seconde classe, mais elle se préoccupe moins de cet honneur que des moyens d'étendre son commerce.
Malgré la petitesse et le manque de profondeur de son port, elle est devenue une sorte de centre pour le trafic des œufs et des pommes expédiés, à Londres, en quantités prodigieuses. Elle possède, aussi, un entrepôt de sel et un chantier de construction maritime. Toutefois, quoique plusieurs de ses navires prennent part à la pêche de la morue, du hareng, et même de la baleine, les difficultés, à peu près insurmontables, qu'oppose l'ensablement aux manœuvres de bâtiments d'un fort tonnage[2], empêchent les armements d'augmenter.