CALAIS.—LA JETÉE PAR UN MAUVAIS TEMPS

L'année 1558 marqua sa libération.

Un grand homme de guerre, François, duc de Guise, qui avait victorieusement repoussé, à Metz, les attaques de Charles-Quint, résolut de reprendre Calais. Par d'habiles marches et contre-marches, il trompa la vigilance du gouverneur anglais, lord Gray, et quand, à l'improviste, le siège fut mis devant la ville, la garnison ne put résister plus de huit jours. Un habile ingénieur picard, Sénarpont, se distingua dans cette attaque, et ce fut le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, que Guise enleva la victoire.

CALAIS.—Place de l'Hôtel-de-Ville.

Vainement la reine d'Angleterre, Marie Tudor, fille de Henri VIII, voulut-elle réparer cette défaite. Le dernier boulevard de la puissance anglaise sur la terre de France était tombé.

On prétend que Marie ne put se consoler de cet échec et que, peu de mois plus tard, elle répétait sur son lit de mort:

«Ouvrez mon cœur, vous y verrez inscrit le nom de Calais!»

En souvenir de l'heureuse campagne de François de Guise, on appliqua à Calais et à son territoire l'appellation de «pays reconquis».