Édouard III, petit-fils, par sa mère Isabelle, de Philippe IV, prétendait à la couronne de France. La guerre ne tarda pas à être déclarée: elle devait durer plus d'un siècle!
Le 26 août 1346, Philippe et le monarque anglais se rencontraient à Crécy-sur-Maie (Somme). Un engin guerrier, d'invention récente, le canon, décide du sort de l'armée française... Cruellement vaincue, il lui devient impossible de secourir Calais, et Édouard songe à assurer ses conquêtes par une station de facile débarquement pour ses troupes.
Sans perdre un moment, il remonte vers le nord, s'empare de Wissant, ville encore importante alors, et, le 30 août, vient mettre le siège devant Calais.
Le courage, l'intrépidité de la ville ne se démentirent point pendant une année entière; mais, réduite à la dernière extrémité et Philippe ne pouvant la sauver, il lui fallut se résoudre à implorer le vainqueur.
Nul cœur français ne saurait oublier l'héroïque dévouement d'Eustache de Saint-Pierre, de Jean d'Aire, des frères Jacques et Pierre de Wissant non plus que de deux autres bourgeois. Ils vinrent, pieds nus, la corde au cou, implorer pour leurs concitoyens la clémence d'Édouard.
D'un caractère farouche, enivré d'orgueil, et exaspéré, d'ailleurs, par la patriotique défense de Calais, le monarque allait se déshonorer en donnant l'ordre d'exécuter Eustache et ses amis. La reine, Philippine de Hainaut, préserva sa mémoire d'une pareille tache.
Se jetant aux pieds d'Édouard, elle rappela tous les périls que, déjà, elle avait bravés pour lui, et le conjura, surtout par l'enfant dont tous deux attendaient la naissance, de pardonner noblement.
Une pensée d'amour paternel, radieux rayon apparaissant au milieu des tristesses de la guerre, sauva la ville et ses courageux otages. Mais, pendant deux cent douze ans, elle dut se courber sous la loi anglaise.