Il paraît être bien peu de chose, ce petit poisson que nous, habitants d'un pays favorisé pour toutes les productions du sol, n'employons guère autrement qu'à l'état de condiment. Mais, dans le nord entier de l'Europe, la consommation du hareng prend des proportions plus grandes; assez grandes pour que (le calcul en a été fait) un million de personnes, environ, soient employées à cette pêche et aux diverses industries qui en sont la conséquence.


Les naturalistes ne sont pas d'accord sur les causes de l'apparition en troupes pressées (bancs) des harengs visitant nos côtes. Ce que l'on connaît bien, c'est leur marche régulière et le moment de leur arrivée.

Dans le commerce de ce poisson, la Hollande trouva une source de richesses immenses. Elle le répandait, salé, par le monde entier, et affirmait avec orgueil qu'un de ses enfants, Guillaume Bukels ou Deukels, de Biervliet (né vers 1340, mort en 1397), avait inventé l'encaquage du hareng, c'est-à-dire sa conservation en barils, où on le dispose, par couches, avec du sel.

Il peut se faire que le pêcheur de Biervliet ait donné un grand essor, dans son pays, à cette industrie, mais les Hollandais vont trop loin en lui en attribuant l'invention.

Les archives françaises renferment des pièces émanant de nos rois, et portant sur des questions de règlement ayant trait au commerce du hareng salé. Plusieurs de ces documents remontent au treizième siècle; ils sont donc de beaucoup antérieurs à l'époque où vivait le pêcheur devenu célèbre.

Circonstance remarquable, ils parlent du salage du hareng non comme si la découverte de ce moyen de conservation était récente, mais comme d'une chose habituelle.

On peut donc, en vérité, supposer que le nom de l'inventeur est encore à trouver.