Le hareng.

Quoi qu'il en soit, la Hollande, pendant bien longtemps, employa de véritables flottes pour la pêche de l'humble petit poisson, et c'est un proverbe vrai celui qui affirme que la ville d'Amsterdam est bâtie sur des arêtes de harengs, l'origine de la plupart des fortunes amsterdamoises datant de l'ère, florissante entre toutes, où les Hollandais avaient le monopole de cette pêche.


Aujourd'hui, les nations riveraines de la mer du Nord, de la Manche, de la Baltique, ne manquent point de tenir compte du passage des bancs de harengs. Les Écossais se distinguent principalement par leur ardeur à chercher à monopoliser le commerce de ce poisson, très abondant sur leurs côtes.

En France, plusieurs de nos ports arment pour la pêche du hareng. Dix mille marins, environ, y sont employés. C'est au mois de juillet que la campagne commence et, généralement, dans les parages des archipels des îles Shetland et des Orcades. Vers la fin de septembre, les bancs suivent la mer du Nord et viennent dans la Manche, où on les poursuit jusqu'à la fin de décembre.


Voir un hareng mort, même à l'état frais, ne peut donner une idée de la beauté de son aspect lorsque la vie l'anime. L'or, l'argent, les pierres précieuses semblent former la matière même de ses écailles.


La pêche a ordinairement lieu la nuit. Les filets, appelés tessures, sont immenses, des flotteurs les maintiennent, dans une position verticale, en avant de la route suivie par le poisson. Les bancs donnent, tête baissée, contre l'obstacle. Il s'agit ensuite d'en alléger le filet. Le moment est arrivé où commence l'opération du salage.