Le Rakshasa Indradjit à la grande vigueur et d'une bravoure égale à celle de Râvana, son père, combattit avec Angada, fils de Bâli.
Sampâti, toujours difficile à vaincre dans une lutte, en vient aux mains avec Pradjangha.
Le vigoureux Hanoûmat lui-même entreprit Djâmboumâlî. Poussé d'une bouillante colère, Vibhîshana fit tête dans la bataille à Mitraghna d'une fougue irrésistible; et Nala à la grande vigueur croisa le fer avec le Rakshasa Tapana.
Nîla à la vive splendeur se battit avec Soukarna, et Sougrîva, le roi des singes, affronta le duel avec Praghasa. Le sage Lakshmana se posa dans le combat à l'encontre de Viroûpâksha; mais Râma seul eut quatre ennemis à combattre, l'invincible Agnikétou, le Démon Raçmikétou, Souptaghna et Yadjnakétou.
Beaucoup d'autres guerriers quadrumanes s'étaient couplés avec beaucoup d'autres guerriers Yâtavas pour se livrer des combats singuliers. Là, bouillonnait donc une épouvantable, immense, tumultueuse bataille de héros singes et Rakshasas, désirant tous également la victoire. Sortis du corps des Rakshasas et des singes, on voyait couler des fleuves de sang, roulant une foule de cadavres, où les cheveux des morts figuraient aux yeux des herbes fluviales.
Habitué à rompre les armées des ennemis, le héros Indradjit, plein de colère, frappa de sa massue Angada, comme Indra lui-même frappe de son tonnerre. Mais le bel Angada lui brise dans la bataille son char aux admirables ais d'or, ses chevaux, son cocher, et pousse un cri de victoire. Sampâti, blessé par trois flèches de Pradjangha, asséna un coup du shorée, qu'il tenait, à son adversaire, et l'étendit sur le champ du combat. Atikâya, de qui la vigueur infinie pouvait briser l'orgueil des Démons et des Dieux, perça de ses flèches Rambha et Vinata même. Tapana fondit sur Nala, qui fondait sur lui; mais l'épouvantable singe d'un coup de sa paume lui enfonça les deux yeux. Le Démon à la main prompte de lui déchirer le corps avec ses flèches acérées, mais Nala d'assommer Tapana avec son poing, aussi lourd qu'une montagne.
Bouillant de colère et debout sur son char, le vigoureux Djâmboumâlî perça dans le combat Hanoûmat entre les deux seins avec sa lance de fer. Mais le fils du Vent s'élança sur le char, et, frappant le Démon avec la paume seulement, il broya sa tête, pareille au sommet d'une montagne. Mitraghna de ses flèches aiguës avait hérissé le corps de Vibhîshana, et celui-ci dans sa colère assomma le Rakshasa d'un coup de sa massue. Praghasa, qui dévorait, pour ainsi dire, les bataillons, tomba sous l'alstonie, dont s'était armé le roi des singes, et Sougrîva de pousser un cri de victoire. Avec une seule flèche, Lakshmana eut raison de Viroûpâksha, ce Rakshasa d'un aspect épouvantable, qui semait des averses de flèches.
Les traits de l'invincible Anikétou, ceux de Raçmikétou, de Souptaghna et du Rakshasa Yadjnakétou avaient blessé Râma. Mais, avec quatre flèches, Râma dans sa colère de trancher les têtes de ses quatre ennemis: les chefs coupés bondissent hors des épaules et croulent sur la terre.
Debout lui-même sur un char, Vidyounmâlî transfora de ses dards aux ornements d'or le roi Soushéna et poussa maint cri de victoire; mais celui-ci, voyant un instant propice, le saisit et soudain lui broya son char sous le coup d'une grande cime de montagne. Alors, grâce à sa légèreté naturelle, le noctivague Vidyounmâlî sauta vite à bas du char et se tint pied à terre, une massue à la main.
Aussitôt, enflammé de colère, Soushéna, le roi des singes, prit un vaste rocher et courut sur le noctivague. Néanmoins, d'un mouvement rapide, le rôdeur des nuits, Vidyounmâlî, frappa dans la poitrine avec sa massue le roi Soushéna au moment qu'il fondait sur lui. Mais le quadrumane, sans faire aucune attention à ce terrible coup de massue, envoya sa lourde roche tomber dans la poitrine même de son rival et termina ce grand combat. Tué par l'atteinte du rocher, le noctivague Vidyounmâlî tomba sur la terre, ayant son cœur moulu et sa vie brisée.