Sur la rive droite, ces hautes terres disparaissent près Memboo, à dix-huit milles (vingt-neuf kilomètres) de Menh'la; une immense plaine d'alluvion s'étend jusqu'aux derniers contre-forts des monts Aracan; c'est la province de Tsalen, une des plus riches de l'empire birman.
De Men-goon, nous gagnons Magwé; entre ces deux localités, sur des collines dénudées, brillent les blanches pagodes de Kwé-zo, auxquelles on arrive par d'interminables escaliers.
La ville de Magwé. — Musique, concert et drames birmans.
Magwé, peuplée de huit à neuf mille âmes, est la plus grande ville que nous ayons encore vue en ce pays. Il y avait sur la plage deux ou trois cents bateaux de toute forme et de toute grandeur. Selon le wondouk, la ville renferme trois mille maisons, et ce chiffre ne nous sembla nullement exagéré.
En approchant de Magwé, nous vîmes un joli spécimen de pont birman: les Birmans sont bien plus avancés que les Hindous dans ce genre de construction; il est rare de ne pas rencontrer de pont là où les débordements empêchent la circulation.
La longueur de ces ponts est souvent excessive; leur construction ne m'a jamais semblé varier. Des pilotis en bois de teck de douze à treize pieds de long, des traverses qui se fixent aux pieux par des mortaises, un plancher solide, une balustrade souvent élégamment sculptée, voilà tout ce qu'on exige d'un ingénieur birman. Les pilotis, enfoncés sans l'aide du mouton, résistent pourtant au courant.
Harpe birmane.
Les chaumières des faubourgs étaient en bon état; presque toutes avaient un large porche en treillage, qui, recouvert de plantes grimpantes, formait un frais berceau d'ombre et de verdure.