LES MURAILLES DE SFAX, VÉRITABLE DÉCOR D'OPÉRA....—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
LA RÉGION DU BOU HEDMA (SUD TUNISIEN)
Par M. CH. MAUMENÉ.
Le chemin de fer Sfax-Gafsa. — Maharess. — Lella Mazouna. — La forêt de gommiers. — La source des Trois Palmiers. — Le Bou Hedma. — Un groupe mégalithique. — Renseignements indigènes. — L'oued Hadedj et ses sources chaudes. — La plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. — Bir Saad. — Manoubia. — Khrangat Touninn. — Sakket. — Sened. — Ogla Zagoufta. — La plaine et le village de Mech. — Sidi Abd el-Aziz.
SALEM, LE DOMESTIQUE ARABE DE L'AUTEUR.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Quand on quitte Sfax par le chemin de fer de Gafsa, on fait un long circuit autour des murailles de la ville, véritable décor d'opéra au milieu des cimetières arabes, plus vastes et plus peuplés que la cité des vivants; puis, quand on a dépassé le dernier olivier de la «forêt sfaxienne», commence un désert nu et triste, animé seulement par le petit village de pêcheurs de Maharess, aux coupoles blanches aperçues à travers des feuillages grêles; et pendant près de deux cents kilomètres, la voie s'allonge indéfiniment, en lignes droites ou courbes, suivant que le pays est plat ou montagneux, uni ou coupé de ravins; mais c'est le vide absolu qu'elle traverse, jalonnée de loin en loin par des baraques qui sont des gares, et qui deviendront—il faut du moins l'espérer—des centres de colonisation.
À Mazouna, m'attendent mes chevaux et mes deux cavaliers: Salem, premier valet de chambre, et Amor Nefti, premier cuisinier. Mazouna, où je descends, est un de ces vagues points où s'arrête le train; il n'aurait aucun droit de porter un nom, s'il n'avait pas la chance de posséder la sépulture de Lella Mazouna, une sainte du calendrier musulman, et serait éternellement resté le désert si le hasard avait fait passer la voie ferrée à quelques kilomètres plus loin.