La case du jugement. — Dessin de J. Pelcoq d'après un croquis.

Cette cérémonie achevée, on alla replacer le tomahawk de guerre au-dessus d'une affreuse peinture tracée sur une écorce de bouleau fixée aux parois de la hutte. Cette peinture représentait grossièrement le soleil, astre dans lequel les Timpabaches croient que le grand esprit réside.

La squaw de l'Indien blessé par moi fut ensuite introduite, et celui des chefs qui avait ouvert la séance l'interrogea sur ce qu'elle savait au sujet du fait qui m'était reproché; je vis bien d'abord que la pauvre squaw me plaignait au lieu de me charger; je lus dans ses yeux et dans ses gestes qu'elle plaidait ma cause autant que sa position d'épouse du blessé le lui permettait.

Je compris aussi qu'elle racontait la scène du combat contre l'ours, et comment je les avais sauvés tous d'un péril certain. À la déposition de la squaw, une teinte de bienveillance éclaira le visage des membres du conseil, et après un débat assez animé, le grand chef m'adressa en espagnol les questions suivantes:

«Pourquoi le visage pâle est-il venu dans ces régions déclarer la guerre aux Timpabaches? Qu'il réponde. Le grand chef de cette nation attend qu'il se justifie s'il le peut.

Le poteau de la guerre. — Dessin de J. Pelcoq.

—Le visage pâle, répondis-je, n'a point déclaré la guerre; il a, au contraire, été attaqué, et il s'est défendu.