Pendant la traversée, nous avions vanté patriotiquement notre pays à plusieurs passagers cubains; et toutes les comparaisons, jusqu'à présent, avaient été favorables à notre patrie; mais ici nous n'avions décidément pas l'avantage. Les étrangers s'inquiétaient beaucoup plus que nous. Nous savions qu'il ne s'agissait que d'une rixe pour obtenir une charge, et que tout cela finirait par quelques coups, peut-être par une malle ou deux perdues. Les étrangers voyaient là une insurrection des basses classes. Une vieille dame surtout, qui avait une immense quantité de bagages, était dans un état de trépidation extraordinaire, et n'osait confier ni elle-même ni ses malles aux chances d'un conflit.

Mais c'est l'esprit de notre peuple de se jeter dans des difficultés pour se donner le plaisir d'en sortir. L'affaire est bientôt calmée; la foule s'éclaircit à mesure que les passagers choisissent leur voiture et quittent le bateau; une heure ou deux après avoir touché le quai, le pont est silencieux, la machine vomit ses dernières bouffées de fumée; le capitaine et le lieutenant ont reçu les poignées de main et les adieux de tout le monde; et la société réunie pendant cinq jours pour ne plus jamais se revoir sur mer ou sur terre, se disperse dans les rues de la grande cité, les uns pour aller vers les collines neigeuses de la Nouvelle-Angleterre, les autres pour se répandre dans le vaste monde du fart west.

Traduit par M. A. Laugel.

GRAVURES.

CARTES ET PLANS.