«L'ESPOIR DES FEROÉ» SE RENDANT À L'ÉCOLE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

L'ARCHIPEL DES FEROÉ
Par Mlle ANNA SÉE.

Première escale: Trangisvaag. — Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. — Un peu d'histoire. — La vie végétative des Feroïens. — La pêche aux dauphins. — La pêche aux baleines. — Excursions diverses à travers l'Archipel.

LES ENFANTS TRANSPORTENT LA TOURBE DANS DES HOTTES EN BOIS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Par un pâle soleil qui ressemble plutôt à la lune, ou mieux encore à un hublot couvert de buée, le navire sur lequel je m'étais embarquée en Écosse arrive aux Feroé. Ce sont d'abord des îlots isolés, des falaises de basalte minées par le heurt des vagues qui s'empanachent en se choquant contre les écueils et les brisants. Des corniches en zéolithe dessinent des ornements déchiquetés comme des franges. Au gré des vents, les brouillards se massent à la manière d'un store qu'on remonterait, puis s'étalent, se diluent, s'aplatissent pour se saucissonner et se dérouler de nouveau.

Trangisvaag, capitale de l'île Sunderoe, est la première escale. Que c'est étrange et pittoresque! Des roulottes sans roues, des cabines de bains, de petites arches de Noé en bois noir, jaune ou brun. Portes et fenêtres sont encadrées de lattes blanches; le toit est en tourbe gazonnée dont les mottes reposent sur une triple couche d'écorce de bouleau. Quelques toits en zinc ondulé détonnent dans ce paysage primitif. Jusqu'à présent, il n'y en a guère encore que sur les hangars où l'on sale les poissons; mais on peut prévoir le jour où tous les Feroïens se laisseront séduire par ces banales feuilles métalliques qui déflorent un peu déjà tous les pays, des pôles aux tropiques.