Il suffit qu'un Yakoute veuille devenir maître dans quelque art pour qu'il y parvienne; il est tout à la fois orfèvre, chaudronnier, maréchal, charpentier; il sait démonter un fusil, sculpter des os, et avec un peu d'exercice, il est capable d'imiter tout objet d'art qu'il a examiné. Il est à regretter qu'ils n'aient pas de maîtres pour les initier à des arts plus élevés; car ils seraient en état d'exécuter des travaux extraordinaires.

Ils excellent à manier le fusil; ni le froid, ni la pluie, ni la faim, ni la fatigue ne les arrêtent dans la poursuite d'un oiseau ou d'un quadrupède. Ils chasseront un renard ou un lièvre deux jours entiers, sans avoir égard à la fatigue ou à l'épuisement de leur cheval.

Ils ont beaucoup de goût et d'aptitude pour le commerce, et savent si bien faire valoir la forme et la couleur de la moindre peau de renard ou de zibeline, qu'ils en tirent un prix élevé.

Les crosses de fusil qu'ils fabriquent, les peignes qu'ils taillent et ornent, sont des ouvrages achevés. On doit aussi remarquer que leurs outres de peau de bœuf ne se corrompraient jamais, quand elles resteraient dix ans pleines d'aliments liquides.

Parmi les femmes yakoutes, il y en a beaucoup qui ont de jolis visages; elles sont plus propres que les hommes; comme tout leur sexe, elles aiment les parures et les beaux atours. La nature ne les a pas dépourvues de charmes. Elles dissimulent leur inclination pour tout autre que leur mari, et elles ont à cœur de conserver leur réputation intacte. On ne doit donc pas les compter au nombre des femmes mauvaises, immorales et légères. Elles honorent à l'égal de Dieu, le père, la mère et les parents âgés de leur mari. Elles ne se laissent jamais voir tête et pieds nus. Elles ne passent pas devant le côté droit de la cheminée et n'appellent jamais par leurs noms yakoutes les parents de leur mari. La femme qui ne répond pas à ce portrait est regardée comme une bête sauvage, et son mari passe pour fort mal loti.

Traduit par E. Beauvois.

GRAVURES.

Dessinateurs.