La Suisse, en ce qui concerne la taxe d'entrée dans les musées, a suivi l'excellent exemple de l'Italie; il y a des jours payants et des jours gratuits, et de plus, on délivre aux artistes et aux élèves des cartes gratuites permanentes. Les recettes sont plus que suffisantes pour couvrir les frais généraux, et déjà, en certains cas, elles ont facilité des acquisitions.
En Italie, les musées civiques ou municipaux—les deux expressions sont synonymes—se multiplient, grâce à une organisation bien simple; déjà ils atteignent le nombre de cent soixante au moins. Le municipe, qui veut fonder un musée, n'a simplement qu'à aménager un local et à déléguer un citoyen de bonne volonté pour remplir les fonctions de conservateur. Sans dépenses d'achat, mais avec une propagande habile, le musée se forme petit à petit. Les dons, les legs, les dépôts à titre temporaire, arrivent peu à peu; on accepte tout, sans y regarder de trop près: objets d'art, d'archéologie, monnaies, médailles, costumes, livres, manuscrits, souvenirs historiques, etc.; plus le musée reçoit, plus la générosité est excitée.
LE LAC DE LUGANO DONT LES DEUX BRAS ENSERRENT LE PROMONTOIRE DE SAN SALVATORE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Lugano est en bonne situation pour une semblable création; aussi, un palais servant de musée, de bibliothèque et d'institut est en construction. La statistique ayant toujours le droit de figurer dans un récit de voyage, voici quelques chiffres approximatifs:
| Population fixe de Lugano | 6 500 | |
| Nombre de voyageurs du chemin de fer, au départ par an | 200 000 | |
| Nombre de personnes en bateaux: | à l'arrivée | 126 000 |
| — — | au départ | 129 000 |