LE BAZAR DE TACHKENT S'ÉTALE DANS UN QUARTIER VIEUX ET FÉTIDE (page [458]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
Par M. JULES BROCHEREL.

I. — De Tachkent à Prjevalsk. — La ville de Tachkent. — En tarentass. — Tchimkent. — Aoulié-Ata. — Tokmak. — Les gorges de Bouam. — Le lac Issik-Koul. — Prjevalsk. — Un chef kirghize.

UN KOZAQUE DE DJARGHESS (page [468]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Le 28 juin, après trente-quatre jours de voyage, j'arrivais à Tachkent, capitale du Turkestan russe. En m'embarquant à Gênes, je pensais pouvoir franchir cette distance en moins de trois semaines. Mais, en Orient, le temps ne fait pas monnaie, et on le dépense sans compter. Quand on part on ne sait jamais quand on arrive, et quand on arrive on ignore à quel moment on se remettra en route. Le chemin est jalonné de menus incidents et de petites mésaventures qui, tout en éprouvant la patience et le caractère, n'en demeurent pas moins des contre-temps toujours fâcheux pour un voyageur pressé. Hommes et choses semblent figés dans une fatidique immobilité, contre laquelle on ne peut rien.

Aussi, ce n'est pas sans un vif soulagement que j'aperçus sur le quai de la gare de Tachkent la haute stature de don Scipion Borghèse, et la face barbue du guide Zurbriggen, qui me souhaitèrent la bienvenue par de cordiales et chaleureuses poignées de main. Pensez donc! Ils m'attendaient depuis quinze jours.