RÉGION DES MONTS CÉLESTES.

Zurbriggen, tenant sa bête par les rênes, s'aventure audacieusement sur la pente glacée. D'abord il monte droit devant lui, puis un brusque renflement le contraint d'obliquer à droite, en prenant le glacier en écharpe.

Nous tentons d'en faire autant, en suivant les fissures où un petit relief permet de poser les pieds, et cherchons les endroits rugueux et granulés. Dépourvus de piolet, nous sommes forcés de nous servir des mains, afin de ne pas tomber. Mais quand il nous faut tourner à droite, pour traverser diagonalement le glacier, nous jugeons que le jeu est décidément trop dangereux. Les chevaux auraient toutes les chances de verser les charges, en même temps qu'ils dégringoleraient inévitablement jusqu'aux abrupts rochers d'en bas.

Le guide, parvenu miraculeusement en lieu sûr, nous crie de toutes ses forces de ne pas avancer, car il avait failli tomber, et son cheval en tremblait encore d'épouvante.

Tout à coup un cheval chargé roula comme une pierre contre la moraine, où stationnait le restant de la caravane. Abbas jeta un cri de douleur, se ramassant sur lui-même, sous les pieds du cheval. On le dégagea. Il avait une jambe blessée.

LES KIRGHIZES MÈNENT AU VILLAGE UNE VIE PEU OCCUPÉE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Continuer dans de pareilles conditions, c'était de la folie. Nous décidâmes donc de camper tout près du lac, afin de pouvoir chercher pendant le reste de la journée une route meilleure.