Le climat de Shanghaï peut être dit sain. Il est extrêmement changeant, avec des alternatives de jours froids et chauds en octobre et novembre, tempérés et très chauds en été. Comme température moyenne, c'est à peu près celle de Rome. La mortalité varie entre 16,4 pour 1 000 (1897) et 30,8 pour 1 000 (1881). En 1898 elle s'est élevée à 16,7 pour 1 000.

Le mouvement général du commerce de Shanghaï montre surtout l'importance de cette ville. De liv. sterl. 36 319 946 (fr. 910 000 000 environ) en 1898, il passait, en 1899, à liv. sterl. 46 164 949 (fr. 1 144 000 000). Les cotonnades, les filés de coton et l'opium représentent les trois articles principaux d'importation. La soie, les soieries et le thé tiennent la tête à l'exportation. On comptait, en 1898, 9 filatures de coton avec 313 000 broches, 25 filatures de soie et un certain nombre d'autres industries moins importantes.

Sur les 7 400 navires qui, en 1899, sont sortis ou entrés dans le port, 3 348 avec 4 792 417 tonnes battaient pavillon anglais, 811 (903 871 tonnes) étaient japonais, 375 (511 580 tonnes) étaient allemands et 106 seulement, avec 227 389 tonnes, battaient pavillon français.

Les journaux sont assez nombreux: un quotidien français, l'Écho de Chine, quatre quotidiens anglais et quatre ou cinq hebdomadaires. Les Chinois ont, de leur côté, cinq journaux, dont un, l'Universal Gazette, représente le mouvement réformiste. Il y avait, en 1901, une intéressante revue française, la Revue de l'Extrême-Orient, fondée par un négociant en soies, M. Tillot, écrivain à son heure, et qui aurait mérité de grouper autour d'elle une clientèle suffisante pour la faire vivre, sinon prospérer.

Maintenant que nous sommes au bout de ces quelques notes sur la grande métropole chinoise, il n'y a qu'à souhaiter de ne point la voir atteinte par le nouveau bouleversement que préparent au pays les sociétés antidynastiques et les chefs irréductibles, que les puissances ont commis la grande faute de ne point abattre quand elles le pouvaient, et qui leur réservent encore bien des surprises.

Émile Deschamps.

LE CHARNIER DES ENFANTS TROUVÉS (page [280]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

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