Ne laisse pas jouer tes enfants loin de toi!
Ou me te prit. . . . . . . . . .
Job est bon homme, comme on le voit, quoique un peu fratricide. Il pousse même la bonhomie jusqu'à favoriser l'enlèvement de Régina par Otbert. S'il était le seul maître à Heppenhef, il les marierait; mais le farouche Hatto, que dirait-il? Nos jeunes amants n'ont qu'un seul moyen d'éviter sa fureur, c'est de fuir.
Mon donjon communique aux fossés du château;
J'en ai les clefs! . . . . . . . . . .
Et en effet, Job va chercher les clefs lui-même:--Maintenant partez, dit-il. Assurément, c'est là un rare pratiquer de vieillard, pratiquer de complicité des enlèvements de mineures, prêter se clefs ad hoc et ouvrir la porte aux amours qui s'envolent, voilà un passe-temps qui n'est pas commun à cent ans, âge exact de Job.
Malheureusement, Job, tout centenaire qu'il est, a causé tout haut comme un étourdi. Guanhumara écoutait, et Guanhumara prévient Hatto. Hatto arrive furieux. Otbert le provoque.--Allons donc! répond Hatto. Tu n'es qu'un aventurier; que quelque gentilhomme t'assiste, et je me battrai avec toi!... Tout à coup une voix formidable s'écrie:
J'ai quatre-vingt-douze ans, moi, je te tiendrai tête!
Et l'on voit alors le mendiant apparaître et fendre la foule. Ici se dévoile une partie du secret de ce terrible porte-besace:--Qui es-tu?--Frédéric de Souabe, empereur d'Allemagne! Certes, j'avais raison tout à l'heure, ce mendiant n'était pas un mendiant ordinaire. Il est empereur, et quel empereur! Frédéric Barberousse, rien que cela! Frédéric s'est introduit dans le repaire des Burgraves pour les châtier:
.... L'empereur met le pied sur vos tours,