Cet homme qui porte une colonne sur son dos, c'est l'architecte de l'Empire: voyez cette boule au sommet du monument, c'est le vieux monde: gare dessous! le vieux monde peut s'écrouler d'un instant à l'autre; fuyons. Mais un autre danger nous menace. Quel est ce volume qu'on hisse avec tant de peine avec cet instrument vulgairement appelé cherre? Ce sont les Poésies légères d'un auteur bien connu. Si la corde venait à casser, nous serions écrasés par ces feuilles fugitives.
Ici, un capitaine anglais grimpe sur un mandarin chinois qui, passez-nous l'expression, en a plein le dos; là se dressent des chemins de fer portatifs, dernière expression du progrès industriel; ce chapeau sur une boîte, c'est l'art et le daguerréotype: le soleil dessiné par lui-même. Que peut-on inventer après cela?
Paris au crayon. Caricature par Grandville.
--L'administration du Musée du Louvre vient de faire placer dans la salle des bronzes une inscription tracée sur une lame de plomb qui, dit-on, a été trouvée dans l'intérieur de la belle statue de bronze d'ancien style qui est placée sur un piédestal au centre de la galerie. Cette inscription donne les fragments du nom de deux artistes dont l'un est Rhodien: les caractères sont d'une forme telle que, si l'un s'en rapportait à ce témoignage, il faudrait faire descendre au second siècle avant notre ère un monument que l'on a considéré jusqu'à présent comme antérieur à Phidias. Mais il s'est rencontré des esprits soupçonneux qui ont révoqué en doute l'authenticité de cette lame de plomb, et qui ont pensé que le directeur du Musée avait trop facilement accordé confiance au nettoyeur qui dit l'avoir trouvée. Ces doutes ont été consignés dans un article imprimé dans la revue qui a pour titre Le Cabinet de l'Antiquaire Le sous-conservateur du Musée, qui s'est cru engagé dans la question, a répondu par une brochure dans laquelle il cherche à prouver l'antiquité de l'inscription sur plomb. Cette petite querelle occupe vivement le monde des antiquaires: elle doit intéresser aussi les artistes, puisque, en définitive, il s'agit de renverser les idées généralement reçues touchant le style de l'art des anciens sculpteurs.
Correspondance.
RÉPONSES.
Il nous serait impossible, dés à présent, de répondre par lettres à toutes les personnes qui veulent bien nous écrire, soit pour nous donner des conseils, soit pour nous offrir leur collaboration, soit pour nous faire des questions sur notre but et sur les moyens que nous comptons employer pour l'atteindre. Nous nous voyons donc obligés d'adresser nos réponses à la plupart de nos correspondants inconnus, par la voie même de notre journal. Un mot suffira souvent pour que toute notre pensée leur soit connue. Quelquefois aussi, une seule réponse préviendra un grand nombre de questions, de doutes ou de critiques. Nous avons besoin d'économiser le temps.
A M. P. L., rue du II.--La critique est juste, et nous en tiendrons certainement compte.