La Cour d' Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre, publiée par M. Jesse, n'est autre chose qu'une série de notices biographiques sur les principaux hommes d'État qui se sont succédé en Angleterre durant la triste période qui commence à la révolution de 1688, et qui se termine à la mort de Georges II, en 1760. On peut louer l'impartialité de l'auteur, bien qu'il laisse trop deviner parfois ses opinions conservatrices, la clarté et l'élégance de son style et d'autres qualités secondaires: mais M. Jesse manque en général d'élévation et de profondeur. Il aime trop les anecdotes; il se contente de raconter les faits intéressants sans en rechercher les causes, sans en calculer les conséquences; il n'apprend pas à ses lecteurs quelle a été l'influence morale, sociale et politique qu'ont exercée, pendant leur vie, les principaux hommes d'État du dix-huitième siècle. Enfin, on ne comprend pas pourquoi il a omis de parler de l'évêque Burnet, du général Wolfe, de lord Clive, de l'amiral Byng, de lord Carteret, de Pulteney et surtout de lord Chatham, qui remporta cependant ses plus beaux triomphes avant la mort de Georges II.
Malgré ces critiques, peut-être sévères, le nouvel ouvrage de M. Jesse obtiendra, nous n'en doutons pas, le même succès que les Mémoires de la Cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts, car il contient des biographies bien écrites et remplies de faits nouveaux, de Malborongh, de Bolingbroke, de Walpole, de Harley, du duc de Sommerset, et des beaux célèbres de cette époque. Fielding et Wilson.
Die Verantwortlichkeit der Minister.--La Responsabilité ministérielle, par M. B,. MOHL, in-8, 726 pages, non traduite.
M Mohl pose d'abord les principes généraux sur lesquels la responsabilité ministérielle est fondée, puis il se demande quels sont les individus qui doivent y être soumis, et dans quels cas il faut l'appliquer. Il examine alors, outre la procédure à suivre, la nature et les divers degrés des peines qu'entraîne nécessairement une condamnation. Enfin, il termine ce traité par une analyse historique de tous les principaux procès intentés jusqu'à ce jour à des ministres, en vertu de la loi constitutionnelle qui les rend responsables des actes de leur administration. La publication de cet ouvrage, estimable d'ailleurs, mérite d'être signalée comme un heureux symptôme du mouvement politique qui commence à se manifester sur plusieurs points de l'Allemagne.
The Addresses and Messages of the presidents of the United States.--Discours et Messages des présidents, des Etats-Unis. New-York, Walker. London, Wiley and Putnam (non traduits).
La collection des discours des présidents des États-Unis fournira d'importants matériaux aux écrivains et aux hommes d'État qui voudront étudier l'histoire de la grande république de l'Amérique du Nord, depuis la déclaration de l'indépendance jusqu'à l'époque actuelle. Elle commence par le premier discours, ou le discours d'inauguration de Washington, et se termine avec celui que le président Tyler prononça dans la session dite spéciale, lorsqu'il remplaça Harrisson, en vertu de la section VI de l'article 11 de la constitution, qui, en cas de mort du président, confère ses fonction» au vice-président. On y trouve aussi, outre une notice sur Harrisson, la déclaration d'indépendance et la constitution actuelle des États-Unis.
Storia della Pittura italiana. Pise. 1842.--Histoire de la Peinture en Italie (non traduite).
Cette nouvelle histoire illustrée de la peinture italienne doit se publier en cinquante-six livraisons. La première livraison renfermait les quatre dessins suivants: 1 Une miniature de Pise de 1242.--2 Un bas-relief de Nicolas Pisano.--3 Le Christ de Giunta Pisano.--4 La Vierge de Guido de Sienne, peinte en 1221, et la Vierge de Cimabue, peinte vers 1276.
Neuere Geschichte der poetischen national Literatur der Deutschen, von G.-G. GERVINUS ZWEI BANDE.. Leipsig. 1842.-Histoire moderne de la Littérature poétique de l'Allemagne, par G.-G. GERVINUS. 2 vol. (non traduite).
Ces deux volumes forment le complément de l'ouvrage en trois volumes que le professeur Gervinus avait déjà publié sur les progrès de la littérature allemande. Ils embrassaient la période de temps qui s'étend depuis Gottsched jusqu'à la chute de Napoléon. Les opinions littéraires du professeur Gervinus sont, il est vrai, entièrement opposées à celles des meilleurs écrivains actuels de l'Allemagne; mais alors même qu'on n'adopte pas ses conclusions, on est forcé de rendre justice à son talent et à son indépendance. Son livre a un grand mérite, il fait penser; il s'adresse par conséquent à un public d'élite. N'y cherchez pas des renseignements positifs sur la vie d'un écrivain, vous n'y trouverez que des théories plus ou moins ingénieuses, plus ou moins vraies sur ses ouvrages et sur les moeurs de son époque; c'est un recueil d'idées et non de faits. Le professeur Gervinus n'a pas cru devoir continuer son ouvrage jusqu'à nos jours, par des raisons peu flatteuses pour ses contemporains. «Notre littérature, dit-il en terminant, est devenue un marais stagnant tellement rempli de matières nuisibles, que nous devons appeler de tous nos voeux quelque tempête étrangère. Notre littérature a eu son temps, et si nous ne pouvons vivre en paix, nous devons appliquer désormais à la vie positive et à la politique l'activité dont nous sommes doués, et qui maintenant n'a plus d'objet. Quant à moi, je suis autant que je le puis cet avertissement de l'époque.»