Geschichte Polens, von Dr RICHARD ROEPELL ersler Theil, Hamburg.--Histoire de la Pologne, par le Dr RICHARD ROEPELL. 1ère partie (non traduite).
Le docteur Roepell fait partie d'une société de savants allemands, dont chaque membre s'est engagé à écrire l'histoire spéciale d'un état européen. Lorsqu'ils seront terminés, tous ces ouvrages particuliers doivent former une collection qui sera éditée sous les auspices de deux historiens célèbres, A. H. L. Heeren et F. A Ukert. Le docteur Roepell, chargé d'écrire l'Histoire de la Pologne au Moyen Age, s'était d'abord rendu à Varsovie, pour y apprendre la langue polonaise et se mettre en état de consulter avec fruit les archives nationales. Il vient de publier à Hambourg la première partie de son travail.
Cette première partie s'ouvre par une description géographique de la Pologne, suivie d'un essai historique, malheureusement incomplet, sur la race slave.
Le docteur Roepell considère ensuite le duché de Posen comme la patrie primitive des Polonais; mais il ne remonte pas dans ses recherches au-delà de la moitié du sixième siècle. A la chute de Rome, les Polonais commencent à se faire connaître en Europe. En 540, leur chef, Lech, fonde Gnesen, la première capitale de leur empire A la dynastie de Lech, qui règne jusqu'en 850, succède celle de Piast Ce fut après l'accession de Mieczyslaus 1er, en 965, un des souverains de cette dynastie, que la Pologne prit rang parmi les états indépendants de l'Europe, en adoptant le christianisme L'auteur de l'Historga naroda polskiego bandtkie (l'Histoire de la nation polonaise), avait déclaré que Mieczyslaus était un vassal de l'empereur d'Allemagne, pour une partie de la Pologne, située entre l'Oder et la Warta. Le docteur Roepell réfute cette assertion et prouve par une série de faits historiques, que le vasselage des rois de Pologne était purement personnel et même nominal.
Outre ces considérations préliminaires, la première partie de l'ouvrage du docteur Roepell renferme l'histoire détaillée des règnes de Boleslaus le Grand, le véritable fondateur du royaume de Pologne, et de ses successeurs, jusqu'à l'assassinat de Przemyslaus, par le marquis de Brandebourg, en 1295.
Storia della Colonna Infâme di ALESSANDRO MANZANI. Milano, 1840; à Paris, chez Baudry. Un vol. in-12, avec les remarques de Pietro Verri sur la torture. 3 fr. 50 c. La Colonne Infâme, traduction française de M. DE LATOUR. Processo originale degli untori della peste del 1630. Milano. 1839. Un vol. in-8 (non traduit). Procès original des untori pendant la peste de 1630. Della Storia Lombarda del secolo XVII, ragionamenti di CESARE CANTI per commente ai promessi Sposi di ALESSANDRO MANZANI. Juin, 1832.
L'histoire tragique de la Colonne Infâme était toujours demeurée enfouie dans les archives manuscrites du dix-septième siècle, lorsqu'on imprima à Milan, en 1836, toutes les pièces originales du procès des untori. Alessando Manzani se rappela alors la promesse qu'il avait faite aux lecteurs de son beau roman des Promessi Sposi, à la fin du XXXVe chapitre; il se décida à écrire la Storia della Colonna Infâme. Publié à Milan en 1810 ce petit livre a été réimprimé récemment à Paris par le libraire Baudry, et M. de Latour en annonce une traduction enrichie de notices et d'appendices.
Rien de plus triste que cette histoire. Pendant la peste de 1630, dont les Promessi Sposi renferment une description si détaillée, les murs des maisons de Milan furent, à certaines époques, enduits, par des mains inconnues, d'une espèce d'onguent jaunâtre. Le peuple s'imagina que c'était cet onguent qui répandait la peste dans la ville. On arrêta divers individus désignés sous le nom d'untori, parce qu'on les accusa d'avoir fabriqué cet onguent (untorio) avec l'intention de faire périr tous les habitants de Milan. Interrogés par les magistrats, ils déclarèrent qu'ils étaient innocents. On les appliqua à la torture, et non-seulement ils s'avouèrent coupables, mais ils dénoncèrent de prétendus complices. Condamnés à mort, ils subirent un supplice effroyable, et on éleva sur l'emplacement de la maison de l'un d'eux, nommé Mora, une colonne dite Infâme, avec une inscription qui devait rappeler à la postérité le triste souvenir de ce procès. Ainsi, au dix-septième siècle, la justice milanaise élevait avec un stupide orgueil le monument de son déshonneur futur. En 1759, le président Charles de Brosses partageait encore les absurdes préjugés du siècle précédent. «La colonne que l'on appelle Infâme est élevée, dit-il dans ses Lettres sur l'Italie, sur la place où était la maison d'un malheureux que l'on surprit s'efforçant, par les moyens de certaines drogues, de mettre la peste dans la ville.» Cette colonne subsista pendant cent quarante-huit ans; en 1778, elle s'écroula, et personne ne songea dès lors à la relever.
Ce nouvel ouvrage de l'auteur des Fiancés sera lu avec un intérêt d'autant plus vif, qu'il renferme d'utiles leçons Si Manzani n'eût pas tardé tant d'années à tenir sa promesse, peut-être, instruit par l'exemple des Milanais du dix-septième siècle, le peuple de Paris se fût montré moins déraisonnable et plus humain à l'époque fatale où, refusant de croire à l'existence d'un fléau dont il ne pouvait nier cependant les terribles effets, il se persuada que l'eau des fontaines était empoisonnée, et frappa, dans son aveugle fureur, de malheureux ouvriers aussi innocents que les untori de la Colonne Infâme.
The Court of England under the house of Nassau and Hanover.--La cour d'Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre; par M. JOHN HENEAGE JESSE. Esq., auteur des Mémoires de la cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts. 3 vol. in-8 (non traduite).