Ce nouvel ouvrage de M. Victor Schoelcher est plein de faits curieux, d'observations judicieuses et de nobles pensées. On sent en le lisant qu'il est écrit par un homme de coeur, qui exagère souvent le mal qu'il déplore comme le bien qu'il désire voir se réaliser, mais qui, du moins, alors même qu'il se trompe, ne commet jamais une erreur volontaire dans l'intérêt de la grande et sainte cause au triomphe de laquelle il a si généreusement consacré sa vie.

Voyages de la Commission scientifique du Nord en Scandinavie, en Laponie, au Spitzberg, aux Feroë, pendant les années 1838, 1839 et 1840, sur la concile la Recherche, commandée par M. Fabre, lieutenant de vaisseau, publiés par ordre du roi, sous la direction de M. Paul Gaimard, président de la Commission scientifique du Nord.--Géologie, minéralogie, métallurgie et chimie; par M. J. Durocher; première partie, première livraison. In-8 de treize feuilles trois quarts.--Paris. 1815. (Arthus Bertrand) 5 fr. 50 la livraison; 6 fr. 50 par division séparée.

Ce bel ouvrage, dont la première livraison vient de paraître, se composera de 20 volumes et de 7 atlas, contenant 316 planches. Il se divisera en neuf parties, auxquelles on peut souscrire séparément: 1º Astronomie, pendule, hydrographie, marées, 1 Vol.; --2º Météorologie, 3 vol.;--3º Magnétisme terrestre, 2 vol.;-- 4º Aurores boréales, 1 vol.;--5º Géologie, minéralogie, métallurgie et chimie, 2 vol.;--6º Botanique, géographie-botanique, géographie-physique, physiologie et médecine, 2 vol.;--7º Zoologie, 5 vol.;--8º Histoire de la Scandinavie. Histoire littéraire. Relation du voyage, 4 vol., par M. X. Maumier; Histoire et mythologie des Lapons, par M. Loestadius;--9º Statistique de la Scandinavie, de la Laponie et des Feroë, 1 vol., avec un atlas de 56 tableaux.

La France avait exploré les contrées les plus reculées des mers du Sud; elle avait confié à ses marins de vastes missions, publié de magnifiques ouvrages sur l'Asie, sur l'Amérique, sur l'Océanie; elle pénétrait, après la glorieuse conquête d'Alger, dans l'intérieur de l'Afrique, et le Nord ne nous était guère connu que par les relations des Anglais, des Hollandais, des Allemands. La publication des Voyages de la Commission scientifique du Nord, en Scandinavie, en Laponie, au Spitzberg et aux Feroë achèvera de combler cette lacune, qu'avait déjà remplie en partie le Voyage en Islande et au Groenland ( 7 vol. in-8 et 2 atlas de 246 planches).

Essais de Politique industrielle.--Souvenirs de voyages. France, République d'Andorre, Belgique, Allemagne; par Michel Chevalier. 1 vol. in-8, 446 pages. Paris, 1843. (Gosselin.) 8 fr. Les nouveaux Souvenirs de Voyage de M. Michel Chevalier contiennent la collection d'une série d'articles qui ont paru depuis 1836 jusqu'en 1842 dans le Journal des Débats, et l'auteur n'a pas expliqué pourquoi il réimprimait, sans les réunir par aucun lien, ces divers Essais de politique industrielle. Dès la première page le lecteur, qui cherche vainement une préface, se trouve transporté à Liège, en 1836. Et voyez quel est l'inconvénient de ces réimpressions textuelles: «Page 21, M. Michel Chevalier annonce que les belges sont à parlementer avec les Prussiens, pour obtenir la continuation des travaux du chemin de fer de Verviers à Cologne.» Cette nouvelle pouvait avoir de l'intérêt en 1836; mais maintenant que les négociations ont réussi, maintenant que le chemin de fer est presque achevé, à quoi bon nous répéter que les Belges sont à parlementer? M. Michel Chevalier a si bien compris la portée de cette objection, qu'il a ajouté à ses articles, beaucoup trop vieux pour l'année 1843, cinquante-deux notes de rectifications, qui font plus d'un quart du volume, c'est-à-dire cent vingt-cinq pages environ.

De la Belgique, M. Michel Chevalier transporte son lecteur dans la vallée de l'Ariège et dans la république d'Andorre (1837); il visite ensuite Toulouse et Marseille (1838), puis la Bavière, la Saxe, la Bohème et l'Autriche (1840); enfin il termine ses pérégrinations industrielles en Alsace, où il raconte les fêtes de l'inauguration du chemin de fer de Strasbourg à Bâle.

M. Michel Chevalier ne laisse rien perdre de ce qu'il a écrit. Outre les rectifications dont nous avons déjà parlé, les notes renferment un certain nombre de petits articles publiés à diverses époques par le Journal des Débats. Du reste, nous nous empressons de reconnaître que M. Michel Chevalier est un de ces écrivains dont on relit toujours les plus légères productions avec plaisir et avec profit. Les Essais de politique industrielle doivent prendre place dans toutes les bibliothèques à côté des Lettres sur l'Amérique du Nord, et du grand ouvrage dont M. Gosselin vient de mettre en vente la dernière livraison, Histoire et description des voies de communication aux Etats-Unis et des travaux d'art qui en dépendent, 2 volumes in-4º et atlas in-folio de 25 planches.--50 fr.

Théorie du Jury, ou Observations sur le jury et sur les institutions judiciaires criminelles anciennes et modernes; par C.-F. Oudot, ancien conseiller à la Cour de Cassation (ouvrage posthume). 1 vol. in-8. Paris, 18743 (Joubert). 7 francs.

Avocat au Parlement de Dijon, substitut du procureur-général avant la révolution de 1789, M. Oudot fit successivement partie de l'Assemblée législative, de la Convention, du Conseil des Cinq-Cents et du Conseil des Anciens. Nommé, en 1799, suppléant à la Cour de Cassation, puis l'année suivante juge titulaire, il remplit ces honorables fonctions jusqu'en seconde Restauration.--La loi du 12 janvier 1816 l'avait exilé, celle du 11 septembre 1830 le rappela à Paris, où il mourut en 1841, âgé de quatre-vingt-six ans. Pendant la majeure partie de cette vie si bien remplie, M. Oudot travailla à son ouvrage du jury, qu'il chargea un de ses amis de publier après sa mort. Il s'était efforcé, comme il le dit lui-même, de réunir, dans un cadre resserré, tout ce qui lui avait semblé propre à faire apprécier les principes essentiels du jury, à en faire connaître l'esprit et le but, à en démontrer les avantages, afin d'attacher les hommes libres à cette institution par tous ses motifs qui doivent la leur rendre chère.

M. Oudot ne s'occupe que du jury en matière criminelle. Il cherche d'abord l'origine du jury dans les anciennes institutions judiciaires des Germains; puis il compare ces institutions avec celles qui les ont remplacées au Moyen-Age, et avec le jury tel qu'il existe actuellement en Angleterre, aux Etats-Unis et en France; enfin, de ce rapprochement il déduit sa théorie du jury, c'est-à-dire les principes qui doivent constituer le jury dans le but qu'il doit atteindre.