[(Agrandissement)]
Plan de la Pointe-à-Pitre GUADELOUPE
Dressé par M Lemonnier de La Croix, ex-architecte--voyer de la ville de la Pointe-à-Pitre]
1. Église--2. Hôpital.--3. Tribunal.--4. Théâtre--5. Caserne d'infanterie de marine.--6. Prisons.--7. Entrepôt.--8. Douane.--9. Arsenal.--10. Caserne de la gendarmerie.--11. Bureaux de la marine.--12. Magasins des pompiers.--13. Mairie.--14. Trésor--15. Halle à la boucherie.--16. Halle aux poissons.--17. Corps-de-garde.--18. Bureaux de la police.--19. bureaux de l'administration intérieure.--20. Presbytère.
Les quais de la Pointe-à-Pitre: c'est là que les navires débarquent leurs marchandises européennes, et chargent, en retour, les boucauts de sucre. Les cales qui coupent les quais ont pour objet de faciliter l'embarquement et le débarquement des marchandises dans de grandes gabarres (espèce de bateau plat, qui peut porter trente milliers pesant).
Les maisons construites sur les quais étaient toutes à deux étages.
Tout le haut commerce habitait les quais. Au rez-de-chaussée étaient de vastes magasins à sucre et les bureaux, au premier et au second était l'habitation du négociant. Il y avait fort peu de maisons occupées par plus d'une famille.
Le quai Tabanon était, après six heures du soir, le rendez-vous des négociants. C'était la petite bourse où l'on parlait d'affaires et de beaucoup d'autres choses. Il en était de même au coin de la rue des Abîmes ou d'Arbaud; mais là il y avait moins de négociants; l'assemblée s'y composait plus particulièrement d'avoués et d'avocats.
Les jeunes gens se réunissaient le soir aux écuries publiques de M. Chauve; construites sur la place de la Victoire, au coin de la rue Tascher. Les allées de la place de la Victoire étaient aussi une des promenades du soir. Le dimanche, les matelots venaient sous ces grands et beaux arbres, vendre leur petite pacotille.
Le soir du même jour, les nègres se réunissaient sur la place de la Victoire, depuis six heures jusqu'à huit, en dansant entre eux accompagnés du bamboula. Ils étaient divisés par groupes de différentes nations.
La rue d'Arbaud. Là étaient les études de notaires, d'avoués, les bazars, les horlogers, bijoutiers; presque toutes les maisons étaient ornées de balcons, et la haute bourgeoisie de la ville occupait les premiers, comme sur les quais.
La rue des Abîmes était habitée par le petit commerce, les quincailliers, les chapeliers, les cordonniers, les faïenciers, les marchands de rouennerie, de nouveautés, les tailleurs, les cabaretiers. La poste était dans cette rue.