La Science de la Vie, ou Principes de conduite religieuse, morale et politique, extraits et traduits d'auteurs italiens, par M. VALÉRY. 1 vol. in-8 de vingt-une feuilles trois quarts. Paris, 1842. (Amyot, éd.) 5 fr.
Malgré l'esprit et le sentiment chrétiens qui animent son livre, M. Valéry le destine «aux lettrés et aux gens du monde, à cette classe qui s'appelait, sous Louis XIV, les honnêtes gens.» Son but est de les attirer à la porte du temple, mais il ne veut point passer pour un prédicateur, car il n'a pu admettre certains scrupules respectables, sans doute, avec lesquels on ne produirait que des oeuvres sans vie, sans couleur et sans vérité.
Le premier titre de cette nouvelle publication de l'auteur des Voyages artistiques et littéraires en Italie a le grand tort d'être trop ambitieux. Malheureusement pour ses lecteurs, M. Valéry ne leur apprend pas ce qu'est réellement la Science de la vie. Au lieu d'exprimer une opinion quelconque sur ce grave problème, il se contente d'analyser ou de traduire, en y ajoutant des notices biographiques: 1° le Miroir de la vraie Pénitence (Specchio della vera Penitenza), de JACQUES PASSAVANTI:--2º la Vie sobre (la Vita sobna), de LOUIS CORNARO:--3° la Vie civile (la Vita civile), de MATTHIEU PALMIERI.--4º le Gouvernement de la Famille (il Governo della Famiglia) de PANDOLFINI.--5º le Courtisan (il Cortegiano) du comte BALTHAZAR CASTIGLIONE; --6° les Oeuvres diverses de Monsignor Jean della Casa;--7° le Dialogue du Père de Famille, du TASSE. Ces sept Traités réunis doivent former une espèce de Manuel pour la conduite de la vie, car ils concernent: le premier, l'âme et le salut; le second, le corps et l'hygiène; le troisième et le quatrième, le gouvernement de l'État, la famille et le ménage; le cinquième et le sixième, les manières et l'usage.
Îles Marquises ou Nouka-Riva, histoire, géographie, moeurs et considérations générales, d'après les relations des navigateurs et les documents recueillis sur les lieux, par MM. VINCENDON-DUMOULIN et DESGRAZ. 4 vol. in-8 de 25 feuilles 1/2, plan et cartes. Paris, 1843, Arthus-Bertrand. Prix: 7 fr.
Au moment où la France apprit que ses marins venaient de prendre possession des îles Marquises, MM. Vincendon-Dumoulin et Desgraz s'empressèrent de réunir, dans un seul Volume, les documents recueillis jusqu'à ce jour sur cet archipel par les navigateurs de toutes les nations. Cette compilation, faite à la hâte, mais avec intelligence et avec goût, se divise en quatre parties. Dans la première, les auteurs racontent l'histoire des Marquises depuis leur découverte, en 1595, par l'adelantade Alvaro Mendana de Neira, jusqu'à la prise de possession, au nom de la France, par le contre-amiral Dupetit-Thouars, au mois de juin 1842. Les second et troisième chapitres sont consacrés à la géographie de l'archipel des Marquises et à la description des moeurs et des coutumes de ses habitants. Dans la quatrième partie, intitulée: Considérations générales, MM. Vincendon-Dumoulin et Desgraz examinent l'utilité que peut avoir pour la France cette nouvelle conquête. Selon eux, la colonie des Marquises n'a aucune importance comme colonie agricole; comme établissement commercial, ses ressources seront celles de tous les points de relâche où les vivres frais abondent: mais, comme station militaire, elle leur parait utile et avantageuse. MM. Vincendon-Dumoulin et Desgraz faisaient partie de l'expédition de l'Astrolabe et de la Zélée, et si, pour asseoir leur opinion, ils ont cherché à s'éclairer de tous les documents transmis par leurs prédécesseurs, ils ont, toutefois, jugé d'après leurs propres sensations, en s'aidant, ainsi qu'ils le déclarent eux-mêmes, de leurs notes particulières et de leurs souvenirs.
A Memoir of Ireland, native and Saxon, by O'CONNELL. Vol. 1. 1172-1660. Dublin, 1843.--Histoire de l'Irlande primitive et saxonne, par O'CONNELL. Vol. 1er (non traduite).
M. O'Connell expose ainsi, dans son introduction, le but de son ouvrage:
«J'ai longtemps senti les inconvénients qui résultaient de l'ignorance de la nation anglaise sur tout ce qui touche à l'histoire de l'Irlande. Nous sommes arrivés à une époque où il importe de plus en plus que ces matières soient examinées et comprises. Pour prouver qu'une pareille, étude était nécessaire, et pour la rendre plus facile, j'ai écrit le mémoire suivant. J'ai suivi, dans mon travail, l'ordre chronologique, de manière, toutefois, à présenter en masse les iniquités commises à l'égard du peuple irlandais par le gouvernement anglais, avec l'approbation entière, ou au moins avec l'assentiment de la nation anglaise. Je l'avoue franchement, mon but principal est de montrer que la nation anglaise a toujours été la complice des crimes de son gouvernement.»
M. O'Connell a divisé l'histoire d'Irlande en plusieurs époques: la première s'étend depuis l'invasion de Strongbow, en 1172, jusqu'à l'année 1612, c'est-à-dire jusqu'à la soumission complète de l'Île. La dernière doit embrasser l'espace de temps compris entre le vote de l'acte de l'émancipation catholique (1829) et la quatrième année du règne de la reine Victoria (1810). M. O'Connell se propose d'écrire sur chacune de ces époques un mémoire, corroboré et appuyé par un certain nombre d'observations, de preuves et d'illustrations. Les preuves et illustrations contenues dans le volume qui vient de paraître se composent d'extraits empruntés à divers auteurs et de documents contemporains. Quant aux observations, elles consistent principalement en commentaires déclamatoires.
Cet ouvrage de M. O'Connell,--le premier qu'il publie,--se fait remarquer par les mêmes qualités et les mêmes défauts que ses discours. Il est tour à tour diffus et Concis, lourd et vif, éloquent et trivial, grotesque et sublime, mais son auteur demeure toujours le défenseur le plus intrépide des droits et des intérêts de ses concitoyens, l'adversaire le plus passionné, le plus invincible de l'Union.