Oberon, poème héroïque; par C.-M. Wieland; traduction entièrement nouvelle, par Auguste Jullien, précédée d'une notice et suivie de notes.--Paris, 1843. 1 vol. in-18. Paul Masgana. 3 fr. 50 c.
«Aussi longtemps que la poésie sera de la poésie, l'or de l'or, le cristal du cristal, on aimera, on admirera Oberon comme un chef-d'oeuvre de l'art.» Que pourrions-nous ajouter à cet éloge de Goethe?
Tous les matériaux qui ont servi à Wieland pour la composition de son poème, et surtout pour la fable proprement dite, sont tirés en grande partie d'ouvrages connus. C'est la réunion de ces éléments divers qui constitue l'originalité réelle du poème Dans le fait, Oberon comprend trois actions principales: l'entreprise tentée par Huon sur l'ordre de l'empereur; l'histoire de ses amours avec Itezia, et la réconciliation d'Oberon et de Titania. Mais ces trois actions, ou plutôt ces trois fables se rattachent si intimement au noeud véritable du récit, qu'aucune ne peut, sans le concours des autres, ni se développer, ni se dénouer avec succès. Tout s'enchaîne avec un art admirable. «Mouvements dramatiques, tableaux variés, exploits héroïques, magiques, incantations, se trouvent unis, a dit un critique, par une dépendance mutuelle si bien établie, que l'absence d'un seul des événements ou de l'un des personnages détruirait l'harmonie de l'ensemble.»
Ce chef-d'oeuvre de l'art, depuis son apparition en 1780, a trouvé plus d'un interprète; mais ses traducteurs français ne se contentaient pas de faire de grossiers contre-sens, de mutiler des strophes, de sacrifier des images charmantes, ils avaient supprimé un chaut tout entier. M. Auguste Jullien a corrigé les fautes et a réparé les injustices de ses prédécesseurs. La traduction qu'il vient de publier est aussi fidèle et aussi complète qu'elle est élégante. En la lisant, on peut jusqu'à un certain point se consoler de ne pas savoir l'allemand.
Séances et travaux de l'Académie des Sciences morales et politiques. Compte-rendu par M. M. Ch. Vergé et Loiseau, sous la direction de M. Mignet, secrétaire perpétuel de l'Académie. Douze cahiers de 4 ou 5 feuilles par mois, formant chaque année 2 forts vol. in-8 avec une table générale des matières.--Paris, au bureau du Moniteur universel. 20 fr. par an.
Réunir dans une collection accessible à tous, les Mémoires et communications soit des membres de l'Académie, soit des savants étrangers admis à l'honneur de lui soumettre les résultats de leurs recherches; tel est le but que s'est propose le Compte-rendu de l'Académie des Sciences morales et politiques.
Cette publication, organisée sur des bases analogues à celles du Compte-rendu périodique de l'Académie des Sciences, paraît sous les auspices de l'Académie elle-même, et sous la direction de son secrétaire perpétuel. Les encouragements que l'Administration lui a accordés dès son début, et l'accueil favorable qu'elle a reçu du public, attestent assez son importance et son utilité.
Elle se compose de deux parties distinctes: 1º d'un Bulletin mensuel qui résume sommairement, dans un ordre chronologique, les actes officiels et les décisions de l'Académie; 2º des Lectures, communications et travaux académiques, qui sont reproduits ou dans leur texte primitif et sans aucune modification, ou par extraits et sous forme d'analyse toujours très-développée, suivant la nature des divers documents soumis à l'Académie.
Le Compte-rendu, publié par M. Charles Vergé et Loiseau, paraît depuis un an.--Deux volumes sont en vente au prix d'abonnement.