De la Méditerranée au Rhin, par Lyon, Dijon et Mulhouse.

On voit que pour quelques-unes de ces lignes, les points extrêmes seulement sont indiqués; pour d'autres, il y a des points intermédiaires obligés; pour celle d'Angleterre enfin, le point ou les points où devront aboutir le ou les chemins de fer sont encore en litige. Nous avons indiqué sur la carte les différents tracés qu'on étudie en ce moment pour résoudre la question.

On peut y suivre également les prétentions rivales qui s'agitent autour des tracés de Paris à Dijon et de Paris à Nancy. Doit-on adopter un tronc commun pour ces deux lignes? Le chemin de Lyon passera-t-il par les vallées de l'Yonne, de la Seine, de l'Aude? aboutira-t-il à la gare de l'Hôpital ou à la barrière des Vertus? Le chemin de Nancy passera-t-il par les plateaux, par la vallée de la Marne, ou par Creil, Soissons et Reimsï Telles sont les questions qui se débattent en ce moment, mais dont aucune n'est encore résolue...

Disons un mot du système mixte consacré par la loi. Trois puissances sont appelées à concourir à la confection des chemins de fer. L'État, qui a intitulé ses lignes gouvernementales, fait les frais de la 'construction, terrassements et ouvrages d'art, et de l'achat du tiers des terrains nécessaires à l'assiette du chemin. Les communes qui doivent retirer un avantage immédiat de l'établissement de la ligne, contribuent pour les deux tiers des terrains; l'État se charge des avances; enfin l'industrie privée arrive avec le sable, la voie de fer et le matériel d'exploitation: c'est à elle que reste le chemin pendant un temps déterminé.

Voilà en résumé le système de la loi du 11 juin: Cession des terrains par les communes, construction par l'État, exploitation par les compagnies, fortune générale, fortune locale, fortune privée, tels sont les trois éléments mis en jeu pour arriver à la réalisation d'une des plus grandes oeuvres des temps modernes.

La France, comme le constate la carte que nous mettons sous les yeux du lecteur, n'était cependant pas complètement privée de ces voies de communication rapides; elle a déjà, en exploitation ou sur le point d'être terminés, 900 kilomètres, ou 240 lieues de chemins de fer; mais, en général, ils n'ont aucun rapport entre eux, forment des entreprises isolées d'intérêt privé, et ne peuvent se compléter et prendre tout leur développement que lorsqu'un système général et bien entendu leur donnera les facilités de transit et d'écoulement qui leur manquent.

Autour de Paris rayonnent déjà cinq chemins:

Le chemin de Paris à Saint-Germain..... 19 kil.
Id. de Paris à Versailles (rive droite) 23
Id. de Paris à Versailles (rive gauche) 17
Id. de Paris à Rouen. 136
Id. de Paris à Orléans et Corbeil. 145
Total. 340 kil.
ou 85 lieues.

Les chemins de Rouen et d'Orléans doivent être mis en exploitation au mois de mai prochain. Au chemin de Rouen, il faut ajouter le chemin du Havre, qu'une compagnie particulière est sur le point d'entreprendre.

Au chemin d'Orléans doivent aboutir le chemin de Vierzon et celui de Tours. On sollicite en même temps la prolongation de l'embranchement de Corbeil, pour servir de tête au chemin de Marseille.