Rivières.--Les principaux cours d'eau de la province d'Oran sont: le Chelif, le Rio-Salado (Oued-el-Maleh), l'Habrah, (surnommé Macta gué), à son embouchure, le Sig, l'Oued-el-Hammam (rivière du bain), la Mina, l'Oued-Foddali (rivière d'Argent).
[Illustration:]
Le Chelif, qui sort par soixante-dix sources du pied des monts Ouennaseris, est la rivière la plus considérable de l'Algérie, tant à cause de la longueur de son cours que du volume de ses eaux. Les Arabes
l'appellent le roi des fleuves, et prétendent, avec leur exagération habituelle, que, comme le Nil, il croît en été. Le Chelif a son embouchure au-dessus de Mostaganem, et ne paraît navigable, en remontant son cours, que dans une longueur de sept ou huit lieues au plus.
Villes.--Les principaux points de la province sont, après Oran, Mascara, Tlemsen, Mostaganem, Mazagran, Arzew.
[Illustration; (Mustapha ben Ismaël.)]
Oran, en arabe Ouahran, est bâti au bord de la mer dans une position très-pittoresque. Cette ville s'élève sur deux collines séparées par un ravin assez profond, dans lequel coule un ruisseau (Oued-el-Rahhi, rivière des Moulins), dont la source est légèrement thermale. Les deux principaux quartiers de la ville sont situés à droite et à gauche de ce
(Mustapha ben Ismaël.) ravin, qui débouche sur la plage, ou se trouve un autre quartier appelé la Marine, moins considérable que les deux premiers. Oran a été occupé par les Espagnols pendant près de trois siècles. Des travaux prodigieux de communications souterraines et de galeries de mines, un magnifique magasin voûté avec un premier étage sur le quai Sainte-Marie une darse, et sept autres magasins taillés dans le roc, des casernes, trois églises, un collysée, ou salle de spectacle, tel est l'ensemble des ouvrages élevés par les Espagnols dans un lieu qui avait mérité d'être appelé, pour ses agréments, la Corte Chica (la Petite Cour.) Un tremblement de terre, survenu dans la nuit du 9 octobre 1790, causa d'affreux ravages dans la ville. Deux ans après, en mars 1792, les Espagnols l'évacuèrent, l'abandonnant au bey Mohammed, gouverneur de la province pour les Turcs. Après la conquête d'Alger, le commandant de l'armée française envoya des troupes prendre possession d'Oran, dans les premiers jours d'août 1830. A la nouvelle de la révolution de Juillet, les troupes furent rappelées à Alger. Oran, momentanément cédé au bey de Tunis, après avoir été occupé une seconde fois, le 10 décembre 1830, le fut d'une manière définitive le 18 août 1831. L'importance d'Oran n'est pas uniquement concentrée dans la ville et ses fortifications; elle repose aussi sur le port qui est à Mers-el-Kebir,