Bruits du Siècle, poésies, par Léon Magnier. --Paris, 1843. Comptoir central de la librairie.--Se vend au profit des salles d'asile de Saint-Quentin.

L'auteur des Bruits du Siècle,--c'est lui-même qui le déclare,--n'a pas la prétention d'être l'écho de toutes les voix, de réfléchir tous les rayons; il n'a pas la présomption de se croire une voix ou un flambeau: seulement il a écouté quelques plaintes, il a écouté quelques chants, et, pendant de rares loisirs que lui laissait la rédaction d'un journal de province, il a écrit les pièces du recueil qu'il offre maintenant, avec assez d'indifférence à la publicité.

Les Bruits du siècle sont agréablement varies: il y a des chants. des satires et des plaintes, des bruits guerriers, des voix philosophiques et religieuses, des voix d'utopistes, et enfin des floscules. Le tout réuni forme environ 6,000 vers. M. Léon Magnier termine ainsi:

Tout m'a manqué: le temps et le calme et l'étude.

L'art qui n'éclaira pas ma sombre solitude,

Et je ne puis, au front d'un monument coquet,

M'en venir avec joie attacher le bouquet.

Pourquoi M. Léon Magnier se juge-t-il si sévèrement? Quelques unes des pièces de son nouveau recueil sont aussi remarquables par la pensée et le sentiment que par le style. Que M. Léon Magnier se défie surtout de son extrême facilité, qu'il élague les premiers jets de son inspiration, qu'il polisse ses vers, et il parviendra «à construire un solide édifice sur lequel il pourra graver son nom.»

Modes.

[Illustration.]