Le dix-septième siècle a donné au théâtre un assez grand nombre de femmes auteurs; parmi elles on compte mademoiselle Cosnard, auteur de la tragédie des Chastes Martyrs; madame de Saint-Balmont, qui fit celle de Marc et Marcellin; Françoise Pascal, dont on a joué l'Endijmion et le Vieillard amoureux, pièce comique en vers de quatre pieds. Mais une femme plus connue que celles que nous venons de citer est madame de Villedieu (Marie Hortense Desjardins), dont les romans rendirent à la littérature contemporaine le service de faire passer le goût de ceux de Scudéri et de La Calprenède; en l'année 1662, elle fit représenter une tragédie de Manlius Torquatus, bientôt suivie de celle de Nitétis et du Carrousel du Dauphin: cette dernière pièce resta moins long-temps au théâtre que les précédentes.
Les Petits Moutons de madame Desnoulières l'ont assurément rendue plus célèbre que sa tragédie de Genséric, jouée sans aucun succès, en 1680, par la troupe de l'hôtel de Bourgogne.
Parente des deux Corneille, mademoiselle Bernard crut sans doute que le talent dramatique appartenait à toute sa famille; elle fit représenter deux tragédies: Laodamie, en 1689, et Brutus, en 1691. Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs un passage de cette dernière pièce, que Voltaire n'a pas dédaigné d'imiter:
BRUTUS.
N'achève pas: dans l'horreur qui m'accable,
Laisse encore douter à mon esprit confus
S'il me demeure un fils, ou si je n'en ai plus.
TITUS.
Non, vous n'en avez point, etc.
Voici le même passage dans Voltaire: