(L'Enfant et le Chien, groupe en marbre, par Maindron.)

M. Maindron.--L'Enfant et le Chien, groupe en marbre.--Nous avons déjà, dans un précédent article, rendu justice à la grâce parfaite, à la vérité touchante de ce groupe: nous ne saurions mieux prouver combien nos éloges étaient légitimes, qu'en illustrant aujourd'hui l'oeuvre elle-même. Peut-être notre copie suffira-t-elle à donner une idée du modèle.

M. Couture.--Un Ménestrel.--Le bachelier de la gaie science, du gentil savoir, est assis sur une pierre, les jambes à demi croisées; deux belles jeunes filles l'écoutent, le sourire sur les lèvres et dans les yeux; et des enfants, petits pâtres quelque peu déguenillés, se pressent autour du maestro, qui leur déduit les leys d'amors ou flors du guay saber.

(Un Ménestrel, par Couture)

Chacun s'est arrêté devant ce tableau, d'une belle couleur et d'une touche vigoureuse; chacun a loué la vérité gracieuse des figures et des poses, l'originalité charmante des diverses physionomies. Cependant la toile de M. Couture n'est pas irréprochable, il s'en faut de beaucoup. La tête du ménestrel rappelle celle de l'enfant prodigue, et peut-être, par cela même, convient-elle assez peu sur les épaules d'un troubadour. Un défaut plus grave dépare surtout le tableau de M. Couture: ses figures semblent poser isolément, comme elles faisaient dans l'atelier, elles regardent le spectateur plutôt qu'elles ne se regardent entre elles, et paraissent chacune exclusivement occupée de son sourire particulier, de son expression individuelle. Nous épargnons à M. Couture quelques autres critiques de détail que lui ont déjà faites plusieurs feuilletons. Au total, ce tableau, qui est évidemment l'oeuvre d'un jeune homme, et ressemble beaucoup à une ébauche, annonce cependant des qualités solides et un talent remarquable, et nous ne doutons pas que M. Couture ne tienne un des premiers rangs aux future expositions.

Statue de Duquesne,
petit modèle, par Dantan aîné.

M. Dantan aîné.--Petit modèle de sa grande statue de Duquesne.-L'uniforme d'un amiral n'est pas beaucoup plus favorable à la statuaire que celui d'un adjoint au maire ou d'un officier de santé M. Dantan a su néanmoins tirer parti de ces vêtements peu pittoresques; la pose de Duquesne est belle et fière, sans rodomontade ni crânerie: pour peu que l'amiral voulût quitter son habit d'ordonnance et ses oripeaux officiels, il pourrait bien faire une statue héroïque. Le modèle est d'ailleurs exécuté dans de si petites proportions, qu'on ne saurait, sans témérité, en rien conclure entre la statue colossale qui décore une des places de Dieppe.

Nous ne voulons point terminer notre revue du Salon de 1843, sans dire quelques mots au moins de plusieurs tableaux remarquables dont nous n'avons pas encore parlé, et que nous regrettons surtout de ne pouvoir illustrer. Il entre aussi dans notre pensée de réparer maints oublis de la critique et, d'autre part, d'adoucir quelques-uns de ses jugements les plus sévères.