A peine M. Dusommerard avait-il fermé les yeux, que des étrangers se présentèrent pour acquérir sa précieuse galerie: mais ses héritiers ont préféré la vendre à l'État. Ils ont accepté les 200.000 fr. que leur offrait la direction des Beaux-Arts, plutôt que de livrer l'oeuvre paternelle spéculateurs qui l'auraient dépecée ou emportée hors de France. Nous recueillerons bientôt le fruit de ce patriotique service. Après avoir acheté l'hôtel de Cluny» l'on adoptera sans doute les plans de M. Albert Lenoir, couronnés par l'Institut en 1833: une galerie intermédiaire unira les Thermes à l'hôtel; les deux édifices seront débarrassés des vieilles et sales maison» qui leur disputent l'air et le soleil, et la collection Dusommerard, convenablement classée, augmentée par de nouvelles trouvailles et de nouvelles acquisitions deviendra le plus beau musée archéologique de l'Europe.

Académie des sciences

COMPTE-RENDU DES TRAVAUX DEPUIS LE COMMENCEMENT DE L'ANNÉE.

Il n'y a guère plus de vingt ans que le public a été admis aux séances de l'Académie des sciences. C'est le Globe qui le premier, en 1825, rendit un compte régulier des séances; jusque-là, il n'y avait été consacré dans la presse périodique que quelque articles courts et accidentels. La plupart des journaux, aujourd'hui, confient à des hommes spéciaux la rédaction d'un feuilleton hebdomadaire, destiné à mettre leurs lecteurs au courant des travaux de notre premier corps savant.

L'Illustration ne pouvait rester en dehors de ce mouvement qui porte les esprits à s'enquérir des découvertes scientifiques, soit qu'on les apprécie pour elles-mêmes, avec un amour désintéressé de la science, soit qu'on y cherche surtout leurs diverses applications pratiques. Il est donc dans notre intention de donner le résumé de ce qui se passe à l'Académie des sciences; seulement, mous nous bornerons à un compte-rendu trimestriel qui offrira plus d'un avantage sur l'analyse l'analyse hebdomadaire des séances. Il est facile d'en concevoir en effet, que nous serons mieux à même d'analyser une discussion et d'en faire ressortir les conséquences, lorsque nous aurons sous les yeux toutes les phases qu'elle aura subies, que si nous l'avions suivie pas à pas ne l'envisageant chaque fois qu'un point de vue unique sous lequel elle nous est présentée. De plus, nos résumés seront rédigés d'après les comptes-rendus officiels des séances que publient MM. les secrétaires perpétuels, ils offriront donc toutes les garanties d'exactitude. Néanmoins nos lecteurs ne doivent pas s'attendre à nous voir entrer dans les détails des moindres communications faites à l'Académie, ni même à les trouver toutes mentionnée ici. Nous ne pouvons évidemment nous occuper que de celles qui ont pris un développement d'une certaine étendue. Quant à l'impartialité, dont nous nous sommes fait une règle, nous laissons à nos lecteurs eux-mêmes le soin de l'apprécier.

I.

SCIENCES MÉDICALES.

Les médecins ont apporté, depuis quelques mois, à l'Académie des sciences, un tribut inaccoutumé; au lieu de n'occuper, comme à l'ordinaire, qu'un espace bien modeste dans les comptes-rendus, ils les ont envahis presque en entier, profitant de la courtoisie des sciences exactes et des sciences naturelles, qui leur ont cédé la place pour quelque temps.

En effet, cette affluence de mémoires sur la médecine, la chirurgie, l'anatomie, la physiologie, devait cesser bientôt. Quelques places vacantes et vivement désirées excitaient le zèle d'une foule de candidats, et, suivant l'usage, chacun d'entre eux adressait à l'Académie un ou plusieurs Mémoires, qui, tout en parlant d'autre chose, voulaient dire au fond; «Nommez-moi à la place de M. Double, de M. Larrey, etc.» Les nominations faites, nous courons grand risque de voir voir arriver au bureau beaucoup moins de Mémoires, car le uns ont obtenu ce qu'ils voulaient, les autres n'ont plus rien à demander jusqu'à nouvel ordre.

Quoi qu'il en soit, le public studieux ne peut que se féliciter de cette émulation, de cette sorte de concours entre des candidats parmi lesquels on comptait bon nombre d'esprits supérieurs, dont les travaux à cette occasion sont acquis à la science, et resteront comme autant de titres dans l'avenir de ceux qui n'ont pu encore, cette fois, arriver au fauteuil académique. Quant aux trois hommes éminents qui ont obtenu cet honneur, leur passé nous est un gage d'un avenir fécond en travaux du premier ordre.