Distribution des prix de l'Académie des Jeux floraux.

Jeton de présence mainteneurs des Jeux floraux.

Au mois dernier, pendant que nous courions en wagon, pour la plus grande gloire de l'industrie, Toulouse célébrait une fête en l'honneur des beaux-arts; l'Académie des Jeux floraux tenait sa séance annuelle. Aucun journal n'en a fait mention; la cérémonie s'est passée à huis clos, relativement au reste de la France; les noms des poètes couronnés n'ont pas été proclamés au delà des départements méridionaux, et les applaudissements ont à peine trouvé des échos à Marseille et à Montauban.

Il y a cinq cent vingt ans, plusieurs siècles avant la création de l'Académie française, sept trobadors de Toulouse établirent une compagnie du gay savoir. Au mois de novembre 1323, le mardi qui suivit la fête de la Toussaint, ils envoyèrent, dans les pays de la Langue-d'Oc, une lettre circulaire en vers par laquelle ils ouvraient un concours, dont le prix était une violette d'or fin.

Disem, per dreit jutjamen,

A cel que la fara plus nèta,

Donaren una violeta

De fin aur, en senhal d'amor.

Le 1er mai de l'année suivante, des poètes affluèrent de toutes parts au lieu du rendez-vous, dans un verger du faubourg des Augustines, au pied d'un gigantesque laurier. Un jour entier fut consacré à la lecture des pièces de vers; le second jour, les sept troubadours délibérèrent, après avoir entendu la messe, et le troisième, leur sentence fut prononcée en présence de deux capitouls, ou consuls de la ville. La violette fut décernée à maître Arnaud Vidal, de Castelnaudary. E yazuhet la violeta de l'aur a Tonena, nès a saber la premiéra que si dona. Après l'adjudication des prix, les capitouls décidèrent que dorénavant, d'uqui en avant, la violette serait achetée aux frais de la ville.