2. La violette d'argent d'une valeur de 200 fr., prix du poème, de l'épître ou du discours en vers;
3. Le souci d'argent, d'une valeur de 200 fr., prix de l'églogue, de l'idylle, de l'élégie, ou de la balade;
4. Le lis d'argent, d'une valeur de 60 fr., d'un hymne ou d'un sonnet à la Vierge fondé sous Louis XV, par M. Malepèvre;
5. L'églantine d'or, d'une valeur de 150 fr., prix d'un discours dont l'Académie donne le sujet.
La cérémonie annuelle a lieu chaque année le 3 mai. Les lettres de 1691 avaient assigné aux séances la salle du Capitole, appelée le grand consistoire; mais un édit de 1773 a ordonné qu'elles se tiendraient dans la salle des illustres, où sont rangés les buste des principaux personnages dont s'honore Toulouse. Il est d'usage, depuis 1527, que la Fête des Fleurs débute par l'éloge de Clémence Isaure, que suit immédiatement le rapport du secrétaire perpétuel sur les résultats du concours. Cependant une députation de mainteneurs se rend processionnellement à l'église de la Daurade, où Clémence Isaure repose sous le maître-autel. Les fleurs y sont déposées le matin; le curé les bénit et les remet aux commissaires de l'Académie, qui retournent au Capitule, en ayant soin de passer par la rue de Clémence Isaure. On proclame les vainqueurs; on les invite à faire la lecture de leurs ouvrage, et la séance se termine par l'indication du sujet du discours pour l'année suivante: ê sempre cosi.
Les pièces couronnées en 1843 sont: Simon de Monfort, ode, par M. Jallus; les Enfants de Moncode, poème, par M. Vincent Bataille; la Prière des petits enfants, hymne à la Vierge, par M. Lébraly. Six autres compositions ont obtenu des fleurs réservées c'est-à-dire des prix qui n'avaient pas été adjugés dans les concours précédents: Le dévouement, ode par H. Lébraly; les Adieux à Ia Mer, ode, par madame Thore; Épître à un centenaire, par M. Magnien; Épître à M. l'abbé L. B., par M. Baudin; le Ver luisant, idylle, par M. Granger; le Rêve de la Chatelaine, ballade, par M. Rocher.
L'Académie propose, pour le concours de 1844, l'éloge de Dante Alighieri A l'oeuvre donc, prosateurs et poètes taillez vos plumes et grattez-vous le front. Animez-vous au souvenir des hommes célèbres qui ont conquis à diverses époques, les fleurs rémunératrices; Ronsard, Baif, Maynard, le président Hainault, La Monnoye, La Motte Houdard, Fayard, Marmontel, Mallevoye, Chenedullé, Mollevant, d'Avrigny, Victor Hugo!
Quel concours a de plus favorables conditions? Point de sujets donnés, sauf ceux du discours en prose et de l'hymne; rien qui gêne l'élan poétique, rien qui entrave l'essor de la pensée: il faudrait avoir l'imagination bien stérile pour ne pas risquer au moins une ode à cette glorieuse loterie des Jeux floraux.