L'Illustration, No. 0016, 17 Juin 1843
Nº 16. Vol.. I.--SAMEDI 17 JUIN 1843.
Bureaux, rue de Seine, 33.
Ab. pour Paris.--3 mois, 8 fr.--6 mois, 16 fr.--Un an, 30 fr.
Prix de chaque Nº, 75 c.--La collection mensuelle, 2 fr. 75 c.
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pour l'étranger. -- 10 -- 20 -- 40
SOMMAIRE.
Académie de l'Industrie. Exposition de juin 1843. Vue de la salle d'Exposition à l'Orangerie.--Courrier de Paris.--Mouvement religieux. Le schisme d'Écosse; le docteur Pusey. Assemblée générale des Ministres d'Écosse; portraits du docteur Chalmers et du docteur Pusey.--Iles Hawaii (Sandwich). Vue de l'Île d'Honoloulou; Portraits de Timoteo Haalilio et de Williams Richards.--La Cour du Grand-Duc, nouvelle par Eugène Guinot, (suite et fin), avec une gravure.--Théâtres: Le Cirque Olympique; l'Assassin de Boyvin; Lucrèce à Poitiers; le Métier et la Quenouille; la Perle de Morlaix; les Deux Malipieri. Vue extérieure du Cirque; l'Équilibre des bouteilles et l'Équilibre des chaises, par Auriol; les Clowns anglais; Vue intérieure du Cirque.--Promenade sur les Fortifications de Paris.--Huit figures. Plan général des fortifications.--Revue algérienne. Portrait de Changarnier; Vue de Collo; Prise de la Smalah; Mort de Mustapha; Cocher d'Abd-el-Kader.--Le recrutement en France.--Modes. Une gravure. --Bouvard. --Portrait. --Amusement des Sciences--Rébus.
Académie de l'Industrie.
EXPOSITION DE JUIN 1843.
Voici une sorte de préface de la grande Exposition où, l'année prochaine, l'industrie déploiera tout son luxe. Les objets de tout genre rassemblés par les membres de l'Académie de l'Industrie sont d'un très bon augure; l'impression produite par l'ensemble est favorable; l'application des arts à l'industrie est évidemment en progrès. Dans les oeuvres d'ameublement, la bizarrerie des formes et la pesanteur des ornements tendent à faire place à un système d'un meilleur goût Ce retour vers un luxe plus gracieux est surtout remarquable dans les meubles élégants exposés par M. Hoefer et dans les marqueteries de M. Vedder.
Des lits en fer, d'un joli dessin, laissent beaucoup à désirer sous le rapport des dorures et des peintures qui les décorent. Le confortable en tout genre domine dans l'Exposition; on y voit des cuisines fort bien organisées, des loyers, devant l'un desquels tourne une dinde de carton, divers calorifères d'un dessin bien approprié. Toutefois, il nous semble que le jury aurait pu admettre avec un peu moins de profusion certains objets fort utiles sans doute, mais peu agréables à la vue et à la pensée. Par exemple, pour ne point parler d'autres choses, les cirages incomparables et les articles de coiffure nous semblent occuper dans l'orangerie un peu plus d'espace qu'il ne devrait leur en revenir, eu égard à leur importance relative; nous en dirons autant des fausses dents. Dans l'intérêt même de l'industrie, ne heurtons pas la délicatesse et la pudeur publiques: ménageons-les au contraire soigneusement. Contentons nous d'indiquer, s'il est absolument nécessaire, par un seul modèle, caché dans l'ombre et à l'écart, ce que dans nos demeures mêmes nous souffririons d'avoir constamment sous nos yeux.
Les partisans exclusifs de l'utilité auraient tort de se récrier contre cette recommandation; les objets vraiment nécessaires sont précisément ceux qui perdent le moins à cette réserve; leur vente est beaucoup plus assurée que celle des objets de goût; d'ailleurs une exposition annuelle dans le palais des Tuileries, ne doit point ressembler au pêle-mêle d'un bazar. Nous ne saurions passer sous silence les annonces et prospectus que chaque exposant fait distribuer aux visiteurs; c'est la partie littéraire de l'Exposition. L'une de ces annonces nous a paru trop digne d'échapper à l'oubli pour ne pas mériter une place dans nos colonnes; en voici un extrait textuel; nous ne nous permettons d'y rien changer, le public y perdrait trop.