«M. L..., coiffeur-posticheur (nous ne savons pas si le mot posticheur est dans le Dictionnaire de l'Académie; nous le maintenons comme digne de figurer au prochain article Néologisme), inventeur des demi-perruques imitant parfaitement le naturel, garantit aux dames quelles peuvent, avec ces demi-perruques, rester nu-tête, comme avec leurs cheveux naturels, sans qu'il soit possible de s'apercevoir du postiche. --Elles peuvent aussi se procurer dans l'établissement de nouveaux Cache-Folies, au moyen desquels elles pourront se rajeunir de beaucoup d'années, invention qui a obtenu un grand succès.»

Ceux de nos lecteurs qui nous accuseraient de charger la vérité dans une intention comique, peuvent se donner la satisfaction de lire le texte tout entier chez M. L..., rue Saint-Martin, etc.; ils doivent nous savoir d'autant plus de gré de cette indication, que M. L... a un salon musical pour la coiffure et la coupe des cheveux; on a chez lui de la musique par-dessus le marché.

Quelques objets d'art qui arrêtent particulièrement l'attention publique n'auraient pas été déplacés à la dernière Exposition du Louvre; telles sont en particulier les diverses inventions plastiques si fort à la mode aujourd'hui. Le fond de ces inventions est toujours ce que le public connaît sous le nom de plâtre anglais; c'est du plâtre plus ou moins modifié par la gélatine ou par quelqu'autre composition.

Exposition de l'Académie de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries.

Nous nous sommes arrêté avec plaisir devant les moulures diverses de M. Solin, qui est moins un industriel qu'un artiste. Si l'on n'avait prévenu d'avance qu'on a sous les yeux de simples imitations, on croirait voir, non pas des moulures, mais les sculptures les plus délicates en marbre, en bois, en ivoire, en pierre noircie de vétusté; il est impossible de ne pas se méprendre; les statuettes pleines de vie et de vérité représentant les artistes célèbres, tirés de la galerie de Munich, sont du marbre véritables du marbre antique, avec les teintes que les siècles ajoutent au blanc du marbre de Carrare ou de Paros; un beau Christ sur lequel la vue se porte tout d'abord est de l'ivoire; ces petites figurines de rois, si riches d'admirables détails, semblent sorties des mains des habiles et patients artistes auxquels Dieppe doit sa célébrité. A quoi tient la perfection de ces imitations diverses? D'où vient que ces camées ont toute la délicatesse, tout le fini des pierres antiques gravées avec le plus de talent? C'est là l'invention de M. Sohn. Frappé de l'imperfection de toutes ces moulures pâteuses qui ne laissent presque rien subsister du fini des détails. M. Sohn a pensé que rien n'égalait la pureté du simple moulage en plâtre liquide, et qu'il fallait s'en tenir là. Puis il a cherché et trouvé diverses compositions, également liquides qui étant appliquées à l'objet moulé sans lui faire subir aucun choc, aucun contact qui le déforme, lui conservent toute la fraîcheur de ses contours les plus déliés. M. Sohn, déjà sur la voie du succès, doit la parcourir d'un pas rapide.

Parmi les innovations utiles, nous avons remarqué la guide-longe de M. Maldant; c'est une application très ingénieuse à la longe des chevaux attachés au râtelier, du système inventé jadis pour les jouets d'enfants connus sous le nom d'émigrés. Une attache solide, revenant sur elle-même, suivant les mouvements du cheval, lui permet toute espèce de mouvements et d'attitudes, sans qu'il lui soit possible de s'empêtrer.

Des systèmes de pompes simples et ingénieux, et des instruments de physique d'une grande perfection, sont tout ce que l'exposition de l'Orangerie offre de digne d'attention en fait de mécanique appliquée.

Nous avons pris un instant pour du marbre, du chêne et de l'acajou, des papiers peints qui, bien que placés un peu à leur désavantage et vus sous un faux jour, font la plus complète illusion.

En somme, cette Exposition justifie l'empressement du public, et il y a lieu d'espérer qu'elle prendra d'année en année plus d'accroissement.