--Moi aussi.
--Il faut que j'aille rendre au premier ministre ce projet de traité de commerce qu'il m'a remis et que je ne puis accepter.
--Et moi, il faut que j'aille au rendez-vous que me donne cette lettre.
--L'écriture de la baronne!
--Oui, baron. C'est votre femme qui a bien voulu m'écrire. Nous partons ensemble ce soir; la baronne doit m'attendre en chaise de poste à l'endroit indiqué dans cet écrit, tracé par sa blanche main.
--Et vous osez me révéler cet abominable projet de rapt?
--C'est moins généreux à moi que vous ne le pensez. Nos mesures sont prises, et j'enlève la baronne en tout bien tout honneur. Vous n'ignorez pas qu'il y a dans votre acte de mariage un vice de forme entraînant la nullité. Nous ferons casser le contrat; nous obtiendrons le divorce, et j'épouserai la baronne... Par exemple, vous aurez la bonté de me restituer sa dot, un million de florins, qui compose, je crois, toute votre fortune.
Le baron, anéanti, tomba sur un fauteuil. Il n'avait pas la force de répondre.
«Après cela, baron, continua Florival, il y aurait peut-être moyen de s'arranger. Je ne tiens pas absolument à épouser votre femme en secondes noces.
--Ah! monsieur, reprit l'ambassadeur, vous me rendez la vie!