--Oui, mais je ne vous rendrai pas la baronne sans conditions.

--Parlez, que vous faut-il?

--D abord ce traité de commerce, que vous signerez tel que le comte de Lipandorf l'a rédigé.

--J'y consens.

--Ce n'est pas tout: vous irez au rendez-vous à ma place, vous monterez dans la chaise de poste et vous partirez avec votre femme; mais d'abord, pour ne pas manquer aux convenances diplomatiques, vous écrirez la, sur cette table, une lettre au prince Maximilien; vous lui direz que, ne pouvant accepter les conditions qu'il vous propose, vous renoncez, au nom de votre maître, à son auguste alliance.

--Mais, Monsieur songez que mes instructions...

--Soit, remplissez-les exactement; soyez bon ambassadeur et mari malheureux, ruiné, mari sans femme et sans dot... Vous ne retrouverez jamais le double trésor que vous perdez la, baron! Une jolie femme et un million de florins, on n'a pas deux fois en sa vie pareille chance. Faut-il vous faire mes adieux? Songez que la baronne attend!

--J'y vais... Donnez ce papier, cette plume, et veuillez dicter, car je suis si troublé!...

La lettre écrite et le traité signé, Florival indiqua au baron le lieu du rendez-vous.

«J'exige de vous une promesse, ajouta le jeune homme: c'est que vous vous conduirez en gentilhomme avec votre femme et que vous lui épargnerez de trop vifs reproches. Songez au vice de forme! Elle peut faire casser l'acte au profit d'un autre que moi. Les amateurs ne manquent pas.