La fantaisie est aux carreaux pour les pantalons et les gilets; quant aux coupes, ce sont toujours les revers et les collets longs et aplatis; les basques longues et carrées; les gilets longs et descendant en pointe; les pantalons un peu larges du bas.

Le mauvais temps avait retardé les départs pour la campagne; aujourd'hui il se fait beaucoup de préparatifs; ainsi nous voyons des redingotes en coutil de fil, fermées par des boutons ou par une passementerie, qui seront bien pour les courses du matin. Les corsages sont très moulants; un petit cul Louis XIII doit compléter le costume.

Pour le soir, après la promenade des champs ou des bois, viennent les robes de tarlatane à deux jupes formant tuniques ou jupe seule garnie de deux hauts volants découpés. On fait encore des peignoirs blancs doublés de soie rose de Chine; une petite garniture à la vieille doit se poser sur les devants de la jupe, autour du corsage et des manches justes, qui sont demi-longues. Ajoutez à cette toilette négligée une pointe de dentelle posée sur les cheveux, avec un bouquet de côté ou deux choux de rubans, cela formera un ensemble gracieux. Il se fait aussi une grande variété de robes de barége; barége uni, barége à carreaux et à raies satinées, à corsages décolletés, et dessus un fichu à la paysanne qui vient s'attacher avec un bouquet de fleurs naturelles ou une épingle grand'mère, car les vieux bijoux sont aussi retenus: la mode, qui emporte si rapidement une innovation, la rapporte plus tard, et nous la recevons avec faveur, parce que si voir est un plaisir, revoir est un bonheur. Et puis, nous trouvons dans ce capricieux mélange d'atours d'un siècle avec un autre des souvenirs sérieux qui ajoutent du charme à ces frivolités de la toilette.

Nécrologie.--Bouvard.

Alexis Bouvard.

BOUVARD (Alexis), savant et laborieux astronome attaché à l'Observatoire de Paris, est né entre Sallanche et Chamounix, au pied du Mont-Blanc, le 27 juin 1767. Il vint à Paris en 1785, où il suivit assidûment les cours du Collège de France. Ses parents le destinaient au négoce; il resta quelque temps incertain entre la chirurgie et les mathématiques; mais les mathématiques remportèrent, et il se livra avec passion à l'étude le l'astronomie. Admis provisoirement à l'Observatoire en 1793, nommé astronome adjoint en 1795, membre de l'Institut en 1803 et du bureau des Longitudes en 1804, il n'a cessé de rendre à la science les plus importants services. Bouvard a découvert huit comètes dont il a calculé les éléments paraboliques. En 1800, il partagea avec M, Burg; un prix proposé par l'Institut sur les moyens mouvements de la lune; la collection des volumes intitulés: Connaissances des Temps à l'usage des Astronomes et des Navigateurs contient un grand nombre d'articles qui lui sont dus; il travailla au grand ouvrage de la Mécanique Céleste dont l'auteur lui confia les détails et les calculs astronomiques. Il s'est félicité toute sa vie de cette glorieuse collaboration avec notre illustre Laplace. Bouvard obtint une mention honorable au concours décennal pour ses nouvelles tables de Jupiter et de Saturne, qu'il augmenta, en 1821, des tables d'Uranus. C'est ce que nous avons de plus précis sur cette planète, qui, depuis sa découverte en 1781, n'a pas encore terminé sa révolution (quatre-vingt-quatre ans). On lui doit de précieuses notes sur l'ouvrage de l'astronome arabe Ebn-Iounis et des tables du plus haut intérêt publiées chaque année dans L'Annuaire du Bureau des Longitudes. Nous aimons à consigner ici que Bouvard, qui soutint sa famille pauvre sans se lasser jamais, laisse dans le souvenir de ses nombreux amis la réputation du meilleur des hommes Bouvard vient de mourir à Paris à l'âge de soixante-seize ans.

Amusements des sciences.

SOLUTION DE LA QUESTION PROPOSÉE DANS LE DERNIER NUMÉRO.

Le célèbre géomètre Euler est l'auteur de la solution représentée dans le tableau ci-dessous: