--Je ne suis qu'une humble créature de Dieu, monsieur le baron, qui a puisé dans le sentiment même de sa faiblesse la science de l'utile jointe à la connaissance du bien. Or, je ne sache qu'une chose qui soit bonne pour l'âme, en même temps qu'elle est salutaire au corps, qu'une chose, entendez-vous, qui sauve l'un et l'autre, celui-là sur terre, et celle-ci dans l'éternité.

--Et cette chose, c'est le travail..., reprit M. Anspech, devenu pensif.

--Oui, monsieur, le travail, auquel tous les hommes sont soumis depuis la création.

--Les hommes, les hommes... Au fait, c'est à peu près juste ce que vous dites la; car n'étant plus baron, je ne serai guère plus qu'un homme désormais. Mais où voulez-vous en venir? Vous me catéchisez depuis une heure comme si je vous reconnaissais quelque titre au droit de m'ennuyer. Je vous prie de croire, monsieur, que je ne sais pas même votre nom.

--Vous ne dites pas vrai.

--Diable! prenez-y garde; c'est votre second démenti.

--Alors, reprit en souriant l'inconnu, permettez-moi d'aller jusqu'au troisième, en vous répétant que vous ne pouvez ignorer mon nom.

--Ma foi, monsieur, si vous pensez que votre nom puisse m'intéresser en quelque chose, je ne vous empêche pas de me le dire.

--C'est ce que j'allais faire quand tout à l'heure je vous ai tendu la main en vous offrant mes services. Je me nomme Franklin.

--Franklin!!! Ah! monsieur, qu'ai-je fuit? me pardonnerez-vous jamais... Que je me jette à vos genoux...»