Doña Francisca de Bragance,
princesse de Joinville.

Armer un vaisseau, traverser les mers, aborder à une cour lointaine, pour y chercher une belle princesse dont on est épris, n'est-ce pas là une aventure que rompt agréablement la rigueur habituelle de l'étiquette diplomatique, et touche, par un certain côté galant, au beau Tristan de Léonais et à l'Amadis des Gaules?

Don Pedro II, empereur du Brésil,
frère de la princesse de Joinville.

M. de Joinville et doña Francisca de Bragance ont fait une chose presque inconnue dans le monde des rois et des reines, un mariage d'inclination!

En ce moment, la frégate la Belle-Poule emporte les deux jeunes époux vers la France. Bientôt Paris saura si le Brésil, terrain fécond en fleurs magnifiques et charmantes, produit des princesses semblables à ses fleurs. Le jour où doña Francisca se montrera pour la première fois à l'Opéra sera le jour d'épreuve: l'armée des lorgnons et des binocles se tendra sous les armes; et le lendemain les yeux, la taille, le teint, la bouche, toute la personne de la princesse passera à l'ordre du jour des boudoirs et des salons.

Si j'en crois un jeune Brésilien de mes amis, don José Alvarez Pedro Manoël, la princesse doña Francisca n'a rien à redouter de cette curiosité parisienne. Don José Alvarez Pedro Manoël me parlait encore hier de ses adorables cheveux d'un blond doré, de son regard de feu, de sa taille de liane, avec un ardeur toute brésilienne qui donne des garanties.

Doña Juanaria, soeur de la
princesse de Joinville.