Marc Fournier
(La suite à un autre numéro.)
Fêtes des Environs de Paris.
LA FÊTE DE SAINT-SPIRE A CORBEIL.--LA FÊTE DE SAINT-GERMAIN.--LE JEU DU TOURNIQUET.--LE JEU DU BAQUET.--LA FÊTE DE NANTERRE.--LE JEU DES CISEAUX.--LE COURONNEMENT DE LA ROSIÈRE.
Fêtes de Corbeil.--Tombeau de Jacques
de Bourgoin, écuyer de Corbeil, fondateur
du collège de cette ville enterré en
1681, en l'église de Saint-Spire.
--Reliques de saint Leu et de saint
Rembert premiers évêques de Bayeux,
apportées en l'église de Saint-Spire,
par le comte Amyon, en 1000.
Que les temps sont changés! Jadis aux fêtes patronales, les bons villageois se contentaient de danser à l'ombre du grand chêne, non sur la fougère (M. Alphonse Karr a démontré péremptoirement que l'on ne dansais pas sur cet arbuste), mais sur la pelouse verte et unie, au son de l'antique vielle, ou de la cornemuse dont jouait un unique ménétrier, hissé sur un gigantesque tonneau,--le tout, quand M. le curé voulait bien le permettre. Cependant, les anciens, spectateurs sédentaires mais non point inactifs des bourrées et des rigodons, honoraient aussi à leur guise le saint de l'endroit et se consolaient de n'être plus jeunes en fêtant la dive bouteille. La chute du jour mettait habituellement fin à ces modestes réjouissances. L'art prestigieux des Ruggieri et les illuminations a giorno n'avaient point encore pénétré dans les campagnes, et tout au plus y permettait-on le feu de joie, composé d'un cent de fagots, aux plus grandes solennités, qui seules comportaient et pouvaient justifier une pareille magnificence.
Telles sont encore les fêtes champêtres, à peu de différence près, dans une partie de nos provinces. Mais il n'en est pas de même dans tout le voisinage de la grand'ville. Pans, avec ses instincts sardanapalesques, a civilisé ses alentours de telle sorte qu'il faut aujourd'hui, au moindre village de la banlieue, pour fêter son saint patronal, les plaisirs les plus raffinés, les jouissances les plus orientales, tels que des jeux de bagnes et autres, des macarons et des fritures en plein vent, des quadrilles à grand orchestre sur des motifs de M. Aubert et de mademoiselle Loïsa Puget, des bateleurs, des phénomènes, des mâts de cocagne et... des gendarmes. Ce dernier point est de rigueur.
Fête de Corbeil.--Tombeau de messire Aymon, comte de Corbeil, mort en 1030, enterré dans l'église de Saint-Spire, à Corbeil.