Le Cours de littérature n'a qu'une année d'existence, et il est déjà à sa troisième édition. Un pareil fait n'en dit-il pas plus que tous les éloges? Composé tout exprès pour remplir un programme de l'Université, ce nouvel ouvrage de M Gérusez ne sera pas moins utile aux gens du monde qu'à la jeunesse des écoles, car on y trouve non-seulement les théories générales de la poésie, de l'éloquence et de la rhétorique, mais une histoire complète, bien qu'abrégée, de ces trois branches principales de la littérature dans l'antiquité grecque et romaine, et en France, dans les temps modernes.
L'Allemagne agricole industrielle et politique voyages faits en 1840, 1841 et 1843; par Emile Jacquemin. 1 vol-in-8, de 430 pages.--Paris, 1843. Librairie étrangère. 7 fr. 50.
Ce nouvel ouvrage de l'auteur de l'Agriculture de l'Allemagne se compose de onze chapitres consacrés à des sujets différents.--Dans le premier, M. Emile Jacquemin trace le tableau des progrès généraux qu'ont faits l'agriculture et l'industrie en Allemagne; le second traite des voies de communication, de la navigation à vapeur et des chemins de fer; le troisième passe en revue les richesses minérales; le quatrième s'occupe principalement des communes rurales, de l'instruction agricole, du morcellement des terres et des subhastations forcées. L'industrie minière et l'industrie vinicole forment les sujets des chapitres V et VI. Le chapitre VII a pour dire la question des bestiaux; le chapitre VIII renferme des détails intéressants sur le congrès annuel des économistes et des cultivateurs de l'Allemagne; le chapitre IX est consacré aux sucres; enfin, dans les deux derniers chapitres, M. Emile Jacquemin examine de nouveau les progrès agricoles de l'Allemagne, et il fait assister ses lecteurs aux séances du congrès des naturalistes et des médecins allemands, qui eut lieu à Fribourg en Brisgaw.
Si Emile Jacquemin ne se contente pas de nous révéler une foule de faits curieux et utiles. Ces prémisses posées, il en tire lui-même la conclusion; à la fin de chaque chapitre, il montre quels résultats certains doivent avoir pour la France, dans son opinion, les divers progrès agricoles ou industriels de l'Allemagne. Son intention n'est pas de proposer à ses compatriotes l'agriculture et l'industrie germaniques comme des modèles accomplis, mais il croit «qu'ils y trouveraient beaucoup à prendre, et qu'elles présente une ample moisson d'améliorations dignes d'être connues.»
Les Rues de Paris, Paris ancien et moderne, 358-1843. Origines, histoires, monuments, costumes, moeurs, chroniques et traditions. Ouvrage rédigé par l'élite de la littérature contemporaine, sous la direction de M. Louis Lurine; illustré de 300 dessins par les artistes les plus distingués, 60 livraisons à 50 centimes.--Paris, 1843. Kugelmann. (13 livraisons ont paru.)
Heureuse idée! heureux titre! et si et si beau livre continue comme il a commencé, nous y ajouterons bientôt: grand et légitime succès. Nous ne pouvons pas encore juger l'ensemble d'un ouvrage qui doit former gros volume in-8 et dont treize livraisons seulement ont paru, mais les fragments que nous avons sous les yeux méritent l'approbation. Jules Janin, Eugène Guinot, le Bibliophile Jacob, Roger de Beauvoir, Taxile Delort, Etienne, Arago, Eugène Brillaut, Albéric Second, ont écrit l'histoire de la place Royale, de la rue Laffite, de la Cité, de la rue de ta Harpe, de la rue Pierre-Lescot, de l'allée et de l'avenue de l'Observatoire, de la place de l'Hôtel-de-Ville, de la rue Notre-Dame-de-Lorette, et ces intéressantes et spirituelles monographies sont illustrées par Gavarni, Célestin Nanteuil, Daumier, Baron, Jules David, Français, etc.
«Le livre des Rues de Paris, a dit M. Louis Lurine dans son introduction, intitulée A travers les Rues, s'adresse à l'historien, par le récit des événements oubliés; au penseur, par les enseignements de l'histoire; au philosophe, par le souvenir du travail, de la lutte et du progrès; à l'artiste, par l'étude et la reproduction exacte des monuments; à l'antiquaire, par l'esquisse rétrospective des ruines et des reliques nationales; aux femmes, par la curiosité du roman et de la mode; à l'homme du monde, par le charme d'une science facile; à l'homme du peuple, par les chroniques et les traditions populaires; à l'étranger, au voyageur, par les indications les plus complètes et les plus magnifiques sur la cité moderne qu'il viendra voir.»
Ce sont là de bien belles et bien séduisantes promesses! Espérons, pour l'éditeur des Rues de Paris et pour le public, qu'elles seront consciencieusement tenues.
Étrusques; poésies par Philippe Busoni. 1 vol. in-18.--Paris, 1843. Paul Masgana. 3 fr. 50.
Notre spirituel collaborateur, le Courrier de Paris, a déjà annoncé la publication de ce charmant petit recueil de vers qui a pour titre Étrusques et pour poète M. Philippe Busoni. L'Illustration avait-il dit, y reviendra; c'était, en effet, son désir et son devoir; mais un modeste bulletin bibliographique relégué à l'arrière-garde, en face de la page d'annonces, peut-il essayer de lutter d'esprit, de grâce et de gentillesse avec un puissant Courrier qui, fier d'une réputation méritée, accapare chaque semaine la plus belle place du numéro? Oserait-il critiquer ce que seigneur et maître aurait pris la peine de louer? et qu'ajouterait-il aux éloges si mérités et si complets que contient la première colonne de la page 243 de ce volume? Il n'a qu'une chose à faire, c'est de citer un fragment des Étrusques --Il choisit donc une pièce intitulée l'Amitié, et dédiée à M. Hippolyte Rolie;