Les minéraux précieux semblent s'être donné rendez-vous à l'Académie, car M. de Humboldt lui a communiqué une notice très-intéressante sur une pépite d'or vraiment monstrueuse, trouvée le 7 novembre dernier sur la pointe asiatique de la partie méridionale de l'Oural. Cette pépite pèse plus de trente-six kilogrammes; c'est aujourd'hui la plus grande qui soit connue. Celle qui fut découverte en 1721 aux États-Unis dans le comté d'Anson, monts Alléganys, Caroline du Nord, pèse vingt-un kilogrammes sept cents grammes..
Recherches sur le diluvium.--On sait quelle importance les travaux de M. Agassiz et de Charpentier ont donnée aux glaciers, depuis quelques années, pour l'explication de certains phénomènes géologiques. C'est à leur action que ces savants attribuent le poli et les stries que l'on observe sur certaines roches des Alpes et d'autres chaînes de montagnes, aussi bien que le transport des blues erratiques, souvent énormes, que l'on trouve parfois à une grande hauteur sur le versant du Jura qui regarde les Alpes. Les géologues sont encore très-divisés sur ces questions, et en France comme en Allemagne, la théorie des glaciers a rencontré d'ardents adversaires. Dans ce nombre il faut ranger MM. de Collegne et Fournet, qui ont adressé à l'Académie des mémoires, l'un sur les terrains diluviens des Pyrénées, l'autre sur le diluvium de la France. Nous ne prétendons en aucune façon nier les conclusions auxquelles ces messieurs sont parvenus, en refusant aux glaciers toute influence sur la production du phénomène diluvien dans les localités qu'ils ont décrites; nous ferons seulement observer qu'ils donneraient à leurs réfutations de l'hypothèse glaciale beaucoup plus de force, s'il les appliquaient aux Alpes elles-mêmes, et notamment aux nombreux exemples sur lesquels MM, Agassiz et de Charpentier ont basé leur théorie. Les savants suisses méritent bien qu'on leur fasse l'honneur d'aller les attaquer et les battre sur leur propre terrain. Jusqu'à ce que quelque habile géologue français se soit dévoué à une expédition de ce genre, les glaciers pourraient bien gagner encore bon nombre de prosélytes.
Dans une note sur le phénomène erratique du nord de l'Europe, M. Daubrée, ingénieur des mines, comme M. Fournet, et comme lui professeur à une faculté des sciences s'est montré beaucoup plus réservé en ce qui concerne les causes.
Il a constaté que, dans les Alpes Scandinaves, les traces de transport et de frottement divergent, à partir des régions culminantes, en se rapprochant des lignes des plus grandes pentes du massif. MM. Keilhau et Siljestroem avaient fait la même observation en d'autres points du massif, M. Daubrée a aussi été conduit à signaler plusieurs exhaussements et abaissements alternatifs du sol de la presqu'île Scandinave.
Paléontologie.--M. Brougniart a lu un rapport très-favorable sur un mémoire de M. Alcide d'Orbigny, intitulé; Coquilles fossiles de Colombie, recueillies par M. Boussigneault. M. d'Origny est arrivé à reconnaître l'existence du terrain crétacé dans cette partie de l'Amérique méridionale, conformément aux conclusions de M. de Buch.
Nouvelle carte géologique.--Nous avons vu avec lui vif intérêt la nouvelle carte géognostique du plateau tertiaire parisien que M. Paulin, secrétaire de la Société de Géologie, a présenté à l'Académie. La perfection du coloriage fait honneur à M Kaeppelin, imprimeur-lithographe, comme l'exactitude des détails et la beauté du dessin à l'auteur de cette carte.
VII.--MÉCANIQUE APPLIQUÉE.
Machines à vapeur.--La théorie de la machine à vapeur n'avait jamais été présentée que d'une manière inexacte jusque vers 1837; aussi les résultats des calculs ne concordaient-ils jamais avec ceux de l'expérience, qu'à condition d'être multipliés par un certain coefficient numérique, variant de 0,5 à 0,6 suivant l'état d'entretien, et le système de construction de la machine. La théorie nouvelle, proposée il y a quelques années par M. de Paudour, n'est nullement sujette à cet inconvénient, et ses conséquences sont parfaitement d'accord avec celles de l'expérience. Il vient de la soumettre à une nouvelle épreuve décisive, en comparant les résultats auxquels elle conduit avec ceux que l'on observe directement sur l'effet et utile des machines de Cornouailles à simple effet: les différences constatées sont sans importance.
La navigation à vapeur est destinée à prendre un si grand accroissement, qu'il est de la plus haute importance pour les constructeurs de machines à vapeur et de maires d'avoir un moyen simple et exact de mesurer le travail de ces machines, servant de moteurs aux bâtiments, et la résistante que ceux-ci éprouvent dans leur marche. Un moyen vient d'être fourni par M. Cailledon, dont le travail a été le sujet d'un rapport très-favorable de M. Coriolis.