Chambre des Pairs.
croyez que la perfection consiste à s'accroupir au pied de l'arbre, et à y demeurer des années sans bouger? Et à quoi donc reconnaît-on, je ne dis pas l'intelligence, mais la vie, si ce n'est au mouvement? Quels sont les bienfaiteurs de l'humanité? ceux qui l'ont menée en avant. Quel est leur titre? d'avoir frayé, d'avoir éclairé la route. Loin donc la sagesse, oisive et stérile. Qu'a-t-elle laissé d'influence à la pairie, cette prétendue sagesse de l'immobilité? Si vous voulez être les premiers et vraiment les sages, réglez le mouvement, soit, mais menez-le. Conduisez-nous, pour conduire les autres, il faut marcher devant eux. Et ne croyez pas surtout, quelles que soient les barrières que vous éleviez qu'elles arrêtent vraiment le génie de l'humanité. Le génie de l'humanité est le condor aux vastes ailes: vous aurez beau lui tracer magistralement un cercle infranchissable, vous ne pouvez pas emprisonner les airs.
LES DEUX MARQUISES.
COMÉDIE EN TROIS ACTES.
PERSONNAGES.
LE MARQUIS DE FAVOLI, colonel des carabiniers, commandant à Modène; trente-six ans.
LA MARQUISE, sa femme.
FRANCESCA, jeune veuve, marquise de Montenero, sa cousine.
LA CHANOINESSE SANTA-CROCE, tante de Francesca.
LE COMTE ODOARD, Capitaine des carabiniers.
RANNUCCIO, lieutenant des carabiniers, cinquante ans.
MATTEO, domestique du colonel.
La scène se passe à Modène.
ACTE PREMIER.
Le théâtre représente un salon; porte au fond; portes latérales, sur le devant, une table chargée de papiers.
Scène Ire.