LE MARQUIS.--Sans doute.
LA CHANOINESSE.--Eh bien! voyez un peu comme le monde est méchant! Ne prétendait-on pas hier, chez le prince, que si vous pressiez tant votre cousine de donner un successeur à votre cousin, c'était pour avoir ce titre et ce fief ... Je n'en ai pas cru un mot, comme vous le pensez bien.
LE MARQUIS.--J'en suis convaincu, et j'avais été reconnaissant par prévision. N'ai-je pas entendu dire avant-hier que se vous insistiez vivement pour que Francesca entrât dans le couvent de Santa-Croce, c'était afin d'en être nommée supérieure. Vous devinez ce que j'ai répondu.
LA CHANOINESSE.--Allons! c'est de bonne guerre; mais je vous jure que je n'ai aucun intérêt personnel ...
LE MARQUIS.--Et quand vous en auriez, où serait le mal? Vous et moi, nous ne voulons que le bonheur de Francesca; eh bien! par hasard, notre fortune se trouve sur la même route que son bonheur, faut-il donc rebrousser chemin à cause de cela? Ce serait de l'égoïsme de délicatesse... Mais j'aperçois Francesca et ma femme, les deux marquises.
Scène IV.
Les mêmes, FRANCESCA, LA MARQUISE.
LA MARQUISE, à la chanoinesse.--Madame la chanoinesse, nous vous cherchions.
LA CHANOINESSE.--Pourquoi donc?
LA MARQUISE.--Francesca ne veut pas faire ses commandes de toilette sans vous.