LA MARQUISE.--J'y serai.
LA CHANOINESSE, à Francesca.--Venez, mon enfant, il n'y a pour vous, ici, que des larmes.
LE MARQUIS.--Allons, chacun à son poste ... Moi, je me rends auprès du prince; toi, Rannuccio, où tu sais ... Odoard, à cheval.., et vous, mesdames, à votre conspiration éternelle, permanente, infaillible, à votre toilette.
(Odoard et la marquise se saluent très-cérémonieusement; chacun se dispose à partir.
La toile tombe.)
FIN DU PREMIER ACTE.
Voyage en Zigzag.
| M. Topffer, l'auteur des Voyages en Zigzag, est déjà célèbre comme écrivain et comme dessinateur. Les Nouvelles genevoises et les Albums de MM. Vieux-Bois, Jabot, Crépin et consorts lui ont valu une réputation européenne. Essayer de faire un éloge convenable de son double talent ce serait s'imposer une tâche inutile. M. Topffer possède surtout une qualité qui nous semble d'autant plus précieuse qu'elle devient de plus en plus rare; il est aussi sensible que gai, et quand cela lui plaît, il nous fait rire et pleurer malgré nous. Topffer avait pris l'habitude de rédiger le récit de ces Voyages en Zigzag, entremêlé d'observations fines et piquantes, de pensées profondes de bons mots malicieux, et orné de ravissants croquis.--Chaque aimée le précieux album, autographié à un petit nomme d'exemplaires, était distribué à tous les membres de la caravane. C'est la collection de ces albums, très-recherchés et très-rares, que MM Dubochet et Comp. publient aujourd'hui par livraisons hebdomadaires. |
Qui n'a senti son coeur se serrer et ses yeux se remplir de larmes en
lisant le Presbytère ou le Col d'Auterne? Qui a pu garder son
sérieux à la vue de cet infortuné Vieux-Bois changeant de linge après
son quatrième suicide, ou des enfants de M. Crépin appliquant la méthode
de leur instituteur? Y a-t-il beaucoup d'écrivains et de dessinateurs
qui puissent se vanter d'avoir obtenu de pareils triomphes? qui soient
sûrs d'émouvoir ou de dérider au gré de leur caprice leurs lecteurs les
moins tendres et les plus sérieux?
M. Topffer habite Genève, où il dirige un pensionnat renommé. Chaque
année, depuis longtemps déjà, il part avec vingt ou trente de ses élèves
et madame Topffer, et cette petite caravane emploie trois ou quatre
semaines des vacances à parcourir à pied, le sac sur le dos, les plus
belles contrées de la Suisse, de la Savoie, du Tyrol et de l'Italie
septentrionale. Souvent elle va jusqu'à Milan; une fois même elle s'est
aventurée jusqu'à Venise. Tous les jours, pendant les haltes, les repas,
le matin avant le départ, le soir après le souper, M.
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Le seul moyen de faire connaître ce livre, c'est d'en citer quelques fragments pris au hasard; car, si nous étions obligé de choisir, nous nous trouverions fort embarrassé.
La première heure des vacances a enfin sonné: la caravane se met en route, et, s'embarquant sur le lac de Genève, abandonne la classe et les livres aux rats, qui commencent aussitôt leurs voyages en zigzag.
Le bateau a débarqué nos jeunes touristes à l'extrémité du lac. Chacun met son sac sur son dos, et le voyage à pied commence. Outre leur sac, tous emportent, selon les sages recommandations du général en chef, provision d'entrain, de gaieté, de courage et de bonne humeur. «Il est très-bon, dit M. Topffer au départ, de compter pour l'amusement sur soi et ses camarades plus que sur les curiosités des villes ou sur les merveilles des contrées; il n'est pas mal non plus de se fatiguer assez pour tous les grabats paraissent moelleux, et de s'affamer jusqu'à ce point où l'appétit est un délicieux assaisonnement aux mets de leur nature les moins délicats.