La lingerie possède de délicieuses coquetteries pour les soirées d'été: ce sont des robes de tarlatane de deux nuances, par exemple une jupe rose sur une bleue. Ce mélange vaporeux d'étoffes légères d'un effet charmant aux lumières.
Chez Alexandrine, c'est le même mélange: les capotes de deux couleurs en crêpe lisse bouillonné, avec des fleurs cachées dans ces nuages légers, sont une de ses créations les plus heureuses. Ses chapeaux de paille ornés de rubans, ses pailles de riz avec plumets russes en marabouts noués, toutes ces modes ont un cachet qui rend le nom d'Alexandrine célèbre dans le monde élégant.
Les voilettes de dentelles qui voltigent autour du visage vont très-bien sur les chapeaux, un peu secs, de crêpe à passes tendues. Ainsi la mode et la coquetterie sont d'accord. On porte toujours beaucoup de mantelets la vieille et d'écharpes en barège, puis des par-dessus en soie garnis de passementerie ou en mousseline, doublés de taffetas rose, paille, lilas et entourés de dentelle, qui commencent à prendre faveur. Ils se fixent à la taille par un ruban et ont de larges demi-manches. C'est une mode élégante et qui n'aura pas, comme telle, le succès populaire des mantelets.
On a fait, dans ces derniers temps, de grandes provisions de laines à broder, car maintenant la tapisserie est devenue l'ouvrage indispensable à la ville comme à la campagne. Les vieux dessins sont copiés; puis on fait, pour économiser l'ouvrage, un mélange de bandes de velours et de bandes de tapisseries, qui est fort en vogue; cela fait surtout de belles portières. Le lambrequin est tout en tapisserie pareille aux bandes qui entourent le rideau ou qui forment rubans.
Nous devons encore recommander les mouchoirs brodés au plumes points de chaînettes de couleur; les voilettes imitant l'Angleterre par de légères applications de mousseline; enfin tous les ouvrages qui aident à passer les longues heures de la campagne.
Inauguration d'une nouvelle Église Luthérienne à Paris.
La nouvelle église luthérienne, dont l'inauguration a eu lieu dimanche dernier, est située rue Chauchat, près la rue de Provence. Cette cérémonie avait attiré un grand concours de personnes qui remplissaient l'église bien avant l'heure indiquée pour le service.
Peut-être est-il convenable de dire deux mots de la différence entre les protestants luthériens et les protestants réformés. Les premiers se rattachent à la confession d'Augsbourg: ce sont, en grande majorité, les protestants d'Allemagne, ceux de la Suède, de la Norwége, du Danemark, et ceux qui sont dispersés dans les pays slaves. Les protestants réformés sont ceux de France, de Suisse, de Hollande, d'Angleterre, d'Écosse. Les réformés de chaque nation ont une confession de foi particulière. Entre les luthériens et les réformés, il n'y a de différence que dans quelques points du dogme, aujourd'hui considérés connue très-secondaires, et dans les formes du culte, les luthériens n'excluent pas les images et les autres ornements que l'Église réformée a sévèrement proscrits.
En France, il y a des luthériens dans cinq départements: dans les deux départements du Rhin, où ils forment un grand tiers de la population; dans les départements du Doubs et de la Haute-Saône, qui comprennent aujourd'hui l'ancienne principauté de Montbéliard toute luthérienne et enfin à Paris.
Avant la Révolution et jusqu'à l'Empire, les luthériens de Paris suivaient leur culte dans les chapelles des ambassades de Suède et de Danemark. Ce fut l'Empereur qui, en 1809, leur fit donner l'église des Billettes et établit à Paris un Consistoire luthérien. Les luthériens de Paris étaient alors au nombre d'environ cinq mille.