LE MARQUIS.--Rassurez-vous; Odoard ne connaît qu'un maître l'épée à la main... c'est moi. (Riant.) Cela sera charmant! Voyez-vous ce conseil de guerre assemblé pour juger... quoi? un rendez-vous d'amour. Si c'était la femme de Rannuccio! lui qui est juge!... J'ai toujours aimé les procès, parce qu'on y trouve ce qu'on n'y cherche pas.

MATTEO, entrant.--Monsieur le marquis, le conseil de guerre vient de s'ouvrir.

LE MARQUIS.--J'y vais. (A Francesca.) Odoard a demandé, à vous parler, sans doute pour quelque révélation. Je vais vous l'envoyer après l'interrogatoire. Allons, consolez-vous! tout ira bien, je vous en réponds. Il sera libre et puni; vous serez vengée et comtesse. Adieu. (II sort.)

Scène III.

FRANCESCA, seule.

Il est perdu! Parler? il ne le peut pas... c'est se déshonorer. Se taire? c'est se condamner. Si on ne découvre rien, un arrêt affreux! Si on découvre toit, un duel sans merci! L'épée du marquis est impitoyable! De tous côtés, la mort! Mourir!... lui!... Oh! il faut que je le sauve! Tant qu'il sera en danger, je sens que je l'aimerai encore! Allons, encore ce jour donné au monde, et puis adieu! Le voici.

Scène IV.

FRANCESCA, ODOARD.

FRANCESCA.--Vous me cherchiez, monsieur le comte?

ODOARD.--Oui; j'avais un service à demander, j'ai pensé à vous, madame.