FRANCESCA.--Parlez.
ODOARD.--Vous savez; un hasard que je bénis vous a livré notre secret, et, à défaut du hasard, c'est moi qui vous l'aurais confié, car je sens en vous une amie.
FRANCESCA, d'une voix tremblante.--Et vous avez raison, monsieur le comte,
ODOARD.--Je sors du conseil de guerre.
FRANCESCA, vivement.--Où vous avez dit...
ODOARD.--Ce que vous étiez bien sûre que je dirais, n'est-ce pas? Son honneur est sauf; mais j'ai encore une crainte, et vous seule pouvez la détruire.
FRANCESCA.--Comment?
ODOARD.--Un portefeuille caché chez moi renferme des lettres qui pourraient la perdre. Jusqu'à présent elles ont échappé à toutes les recherches; mais un instant pourrait tout découvrir. Sauvez-la, sauvez-nous! (Lui remettant un papier.) Voici quelques mots qui vous diront ce qu'il faut faire. Faites enlever ces lettres, et remettez-les-lui avec les adieux de celui qu'elle ne reverra pas.
FRANCESCA, qui, pendant qu'il parlait, a semblé en proie à une vive agitation, s'écrie avec résolution:--Vous la reverrez!
ODOARD, vivement et avec crainte.--Ciel! Est-ce qu'elle serait à Modène?