«Les Allemands ont senti les premiers tout ce qu'il y a d'important dans les calculs de fécondité; mais les études auxquelles ils se sont livrés à ce sujet sont indirectes, incomplètes et quelque peu incohérentes; leurs agronomes les plus distingués, partant de certaines suppositions, de certaines probabilités que permet sans doute la marche générale de la production agricole, ont procédé par induction, et sont parvenus à des conséquences ingénieuses, mais souvent contestables, qui démontrent au moins avec la plus parfaite évidence les énormes avantages qui sortiraient d'une base plus précise et plus certaine. Un agronome Français, que nous regrettons de ne pouvoir désigner au respect et à la reconnaissance de l'agriculture autrement que par les initiales J. V., a repris l'oeuvre, des Allemands de fond en comble, et l'a refaite avec une incontestable supériorité. A nos yeux, c'est une étude magnifique; c'est un admirable travail, produit vigoureux d'une forte intelligence, et qui appelle les méditations profondes des agriculteurs sérieux. Il en jaillira certainement de vives lumières sur la grande industrie des campagnes.»
Les Algues, poésies; par Emile de Bourran.
De tous les jeunes poètes nés en l'an de grâce 1813, M. Emile de Bourran est sans contredit celui qui possède au plus haut degré l'humeur voyageuse. Chacune des pièces de vers dont se composent les Algues est datée d'un pays différent. A en juger par ces indications géographiques, M. Emile de Bourran a dû cultiver la poésie française dans toutes les contrées de notre globe: a Bruxelles, à Ostende, à Bordeaux, à Aucône, à Vera-Cruz, aux États-Unis, à Paris, à Alger, à Calcutta, à l'île Bourbon, au cap de Bonne-Espérance, à Messine, à Oran, à Toulon, à Liège. Comment se fait-il alors que, nées sous des climats si divers, ses Algues donnent toutes les mêmes fleurs et les mêmes fruits? La raison en est toute simple: dans le genre poète, M. Emile de Rourran appartient à l'espèce dite des amoureux. Partout où il fuit Marie, l'image de Marie l'accompagne; partout il s'écrie en s'adressant à la mer, au zéphyr, au nuage, etc.:
Ne lui dis pas, lorsque loin d'elle
Un sort cruel guide mes pas,
Que mon coeur épris et fidèle
Soupire et ne la quitte pas.
Ah! qu'elle ignore les alarmes
De ce coeur pour elle enflammé,
Et tout ce qu'on verse de larmes.