Madame Louise Colet.

C'est une femme aussi qui a remporté la palme offerte par l'Académie Française au meilleur poème sur le monument dont nous venons d'esquisser l'histoire. Cette muse charmante, il faut le dire, n'a chanté ni le monument, ni la statue, comme semblait le demander le programme; elle a fait mieux, elle a chanté Molière; elle a dit en vers harmonieux, dans un rhythme varié et puissant, les illusions, les souffrances, les talents de ce rare génie; la passion cruelle qui fit le tourment de sa vie et le charme de ses beaux ouvrages; en un mot, elle a compris le poète, elle a peint son âme, elle nous a donné l'homme tout entier. Après cette belle poésie, restait encore à faire l'histoire du monument, à justifier le programme académique. L'aimable lauréat nous a appelé à cette oeuvre, péristyle modeste qu'elle veut bien placer à la tête de son ouvrage, et que les lecteurs avides de beaux vers ne sauraient traverser trop rapidement.
L. Aimé Martin.

Le Monument de Molière.

POÈME COURONNÉ PAR L'ACADÉMIE FRANÇAISE.

Molière.... C'est mon homme.
(La Fontaine, Lettre à M. de Maucroix.)

I.

Aux dernières lueurs d'un jour froid qui pâlit(2),

Deux soeurs de charité se penchaient près d'un lit.

Et de leurs soins touchants la douceur infinie